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Trump tente de minimiser la portée de son décret anti-immigration

L'administration Trump s'est efforcée lundi de minimiser l'importance des perturbations et de la confusion provoquées par la signature vendredi d'un décret présidentiel interdisant l'accès au territoire américain aux ressortissants de sept pays musulmans d'Afrique et du Moyen-Orient.

Alors que le département de la Sécurité intérieure, qui chapeaute les services de l'immigration et des douanes, a paru hésiter toute la fin de semaine sur la manière d'appliquer le texte, Donald Trump et ses conseillers tentent de reprendre la main.

Kellyanne Conway, une proche du président américain, est venue expliquer sur CNBC que les hésitations concernant les titulaires de la « carte verte », qui octroie un droit de résidence permanente aux États-Unis, imposaient quelques clarifications. C'est sur ce point que la directive a le plus évolué, car elle apparaissait en contradiction avec la Constitution du pays.

Selon Conway, les droits attachés à ce document convoité par les candidats à l'immigration n'ont pas été modifiés. « Il ne s'agit pas d'un retour en arrière », a-t-elle affirmé, alors qu'ont été signalés des cas de rétention de propriétaires du précieux sésame à leur arrivée dans des aéroports américains.

Dimanche, le secrétaire à la Sécurité intérieure, John Kelly, a annoncé que les voyageurs titulaires d'un permis de séjour permanent originaires des sept pays visés (Iran, Irak, Libye, Somalie, Soudan, Syrie, Yémen) ne seraient pas empêchés de revenir aux États-Unis.

Donald Trump a, lui, justifié la signature de ce décret par des questions de sécurité nationale et a expliqué que les sept pays visés par son texte avaient été jugés comme « sources du terrorisme » par l'administration de son prédécesseur, Barack Obama.

Dimanche soir, il a paru chercher l'apaisement, alors que la mesure a provoqué un tollé dans les pays étrangers, incité des dizaines de milliers de personnes à manifester à proximité de grands aéroports et dans les rues de plusieurs villes américaines, et suscité une rébellion de la part de certains magistrats.

Concernant la délivrance de visas, Donald Trump a annoncé qu'elle reprendrait dans un délai de 90 jours, le temps pour les autorités américaines de mettre en place des mesures de sécurité jugées nécessaires par le président.

Accusations

Le président américain a réfuté l'idée qu'il avait signé ce décret avec l'intention d'imposer une « interdiction contre les musulmans », comme il en avait pourtant fait la promesse lors de sa campagne électorale. Pour se justifier, il a fait valoir qu'une quarantaine de pays à majorité musulmane ne sont pas concernés par cette mesure.

Il a en outre exprimé sa compassion pour les Syriens fuyant la guerre civile dans leur pays et à l'égard des personnes victimes de persécutions.

Réagissant à nouveau tôt lundi matin, le chef de l'État américain a publié deux messages sur son compte Twitter pour expliquer les désordres dans les aéroports en fin de semaine. Il met en cause les manifestants, le sénateur démocrate Chuck Schumer, sa nouvelle bête noire, et un incident informatique survenu dimanche soir dans les serveurs de la compagnie Delta Airlines.

« Seules 109 personnes sur 325 000 ont été retenues et interrogées. Les gros problèmes dans les aéroports ont été provoqués par un incident informatique de Delta, les manifestants et les larmes du sénateur Schumer », a-t-il écrit.

« Le secrétaire Kelly dit que tout va bien et qu'il y a peu de problèmes. Rendre l'Amérique à nouveau sûre », a-t-il tweeté.

Une nouvelle fois, Hollywood, qui est devenu un creuset de la critique contre Trump, s'est distingué dimanche soir lors de la cérémonie annuelle organisée par le syndicat des acteurs (Screen Actors Guild).

« Parce que j'aime ce pays, j'ai ses imperfections en horreur et ce décret anti-immigration est une souillure », a déclaré l'actrice Julia Louis-Dreyfus, récompensée pour son rôle dans la série Veep, où elle incarne une présidente loufoque et incompétente.

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