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Trump vertement critiqué pour son retrait de l'Accord de Paris

La décision de Donald Trump de retirer les États-Unis de l'Accord de Paris a provoqué une véritable onde de choc en Europe. De la « grande déception » à des accusations de « délit contre l'humanité », les réactions étaient unanimement négatives jeudi soir.

Le président français Emmanuel Macron a déclaré jeudi lors d’une brève allocution télévisée que Donald Trump « commet une erreur pour les intérêts de son pays et une faute pour l'avenir de notre planète ».

En réponse au président américain qui s’est dit ouvert à négocier une nouvelle entente « dans des termes justes pour les États-Unis », Paris, Berlin et Rome ont souligné dans un communiqué commun que rien n'était renégociable dans l'Accord de Paris.

Macron lance un appel aux Américains

Emmanuel Macron a appelé les « scientifiques, ingénieurs, entrepreneurs, citoyens engagés » américains à « venir travailler en France sur des solutions concrètes pour le climat ».

À ceux « que la décision du président des États-Unis a déçus, vous trouverez dans la France une seconde patrie », a-t-il ajouté.

S’adressant aux Américains en anglais, et dans une allusion au slogan cher à Donald Trump, le président français a appelé à « rendre sa grandeur à notre planète » (Make our planet great again).

Emmanuel Macron et la chancelière allemande, Angela Merkel, ont uni leur voix pour « confirmer leur engagement commun et résolu pour mettre en œuvre l’Accord de Paris ».

Les deux dirigeants auraient également exprimé leur volonté de défendre l’accord sur la scène internationale.

« Je regrette la décision du président américain », a indiqué la chancelière, appelant à poursuivre « la politique climatique qui préserve notre terre ».

La façade de l'Hôtel de Ville de Paris a été éclairée en vert jeudi soir pour manifester la désapprobation de la capitale française à l'égard de la décision américaine que la mairesse de la ville, Anne Hidalgo, a qualifié d'« erreur aux conséquences dramatiques ».

La première ministre britannique Theresa May s'est également entretenue avec le président américain, estimant que l'Accord de Paris sur le climat protège « la prospérité et la sécurité des générations futures », a indiqué Downing Street.

De son côté, le président mexicain Enrique Peña Nieto s'est abstenu d'interpeller son puissant voisin, indiquant simplement sur son compte Twitter que « le Mexique maintient son soutien et son engagement à l'Accord de Paris pour mettre un terme aux effets du changement climatique mondial ».

« Une décision funeste pour les États-Unis »

Donald Trump a « renoncé à l'avenir », estime pour sa part l'ex-président français François Hollande, qui avait accueilli en décembre 2015 la conférence de Paris qui a mené à la signature de l'accord par 195 pays ainsi que par l'Union européenne.

« Donald Trump a pris une décision funeste pour les États-Unis, mais qui n'empêchera pas le monde d'avancer dans sa lutte raisonnée et volontaire contre le réchauffement climatique », a déclaré dans un communiqué l'ancien chef de l'État français.

Son ex-ministre de l'Environnement Ségolène Royal a pour sa part qualifié la décision américaine de « très grave délit contre l'humanité ».

Selon elle, les États-Unis ne peuvent pas se retirer aussi facilement que l’entend le président américain. « L'Accord de Paris prévoit d'abord, dans son article 28, un délai de trois ans et ensuite un préavis qui dure un an, ça fait quatre ans. Dans quatre ans, ce sera la fin du mandat de Donald Trump. »

« Le monde peut continuer à compter sur l'Europe »

De son côté, le porte-parole des Nations Unies, Stéphane Dujarric, a exprimé sa « grande déception » face au retrait américain, avant d’ajouter qu’il est « essentiel que les États-Unis conservent un rôle dirigeant dans les dossiers environnementaux ».

« L'Accord de Paris va perdurer. Le monde peut continuer à compter sur l'Europe pour le leadership global dans la lutte contre le changement climatique », a réagi jeudi soir le commissaire européen à l'Action pour le climat, Miguel Arias Canete.

Le président du Parlement européen, Antonio Tajani, a commenté l'annonce avec la même détermination que son collègue, indiquant que « l'Accord de Paris doit être respecté. C'est une question de confiance ».

Les dirigeants italien et belge ont également appelé à poursuivre la mobilisation contre le réchauffement climatique.

« Nous devons redoubler d'efforts pour faire en sorte que les grandes puissances réaffirment leurs engagements », a exprimé le premier ministre belge, cité dans un communiqué.

« Ne reculons pas [...] L'Italie est engagée pour la réduction des émissions, les énergies renouvelables, le développement durable », a déclaré quant à lui le premier ministre italien Paolo Gentiloni sur Twitter.

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