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Trump veut sauver des emplois perdus en Chine en raison des sanctions américaines

Le président américain Donald Trump a indiqué dimanche travailler avec son homologue chinois Xi Jinping à une solution pour donner au géant chinois des télécoms ZTE, frappé par des sanctions américaines, « un moyen de reprendre ses activités, vite ».

« Le président Xi de Chine et moi-même travaillons ensemble pour offrir à l'énorme compagnie téléphonique chinoise ZTE une voie lui permettant de reprendre ses activités, vite. Trop d'emplois perdus en Chine. Le département du Commerce a reçu pour instruction de régler ça », écrit le président américain sur Twitter.

Ces propos constituent un changement de ton considérable du président américain, qui a longtemps accusé la Chine de voler des emplois aux citoyens américains et qui a fait campagne en promettant de rendre à l’Amérique sa grandeur.

Il y a quelques jours, le département du Trésor et le département du Commerce ont fait front commun contre le géant ZTE. Le département du Commerce s’est refusé à tous commentaires dimanche à propos du tweet du président Trump.

Le président américain a semblé donner des gages d'ouverture dans le dossier ZTE, dont l'activité est gravement perturbée par l'interdiction, prononcée mi-avril par l'administration Trump, de toutes les exportations de composants américains destinés au groupe de télécommunications, pour une durée de sept ans.

Sanctions

L'administration américaine accuse ZTE d'avoir violé ses engagements sur le respect d'embargos commerciaux. Cette mesure vise à sanctionner l’entreprise pour avoir enfreint les termes des sanctions économiques imposées à l'Iran et à la Corée du Nord.

De son côté, la multinationale nie avoir violé l'accord et fait appel de l'interdiction d'exportation.

Mercredi, le géant chinois qui a réalisé, en 2017, un chiffre d'affaires de 108  milliards de yuans (16,7 milliards de dollars), a annoncé que « les principales activités du groupe (avaient) cessé » à la suite de la décision américaine, qui met en danger la survie même de ZTE.

Comme les autres grands équipementiers télécoms, ZTE s'appuie sur des fournisseurs américains tels que Qualcomm ou Intel pour une bonne partie des composants utilisés dans ses téléphones intelligents et ses équipements de réseaux. Le groupe s'appuie entre autres sur des microprocesseurs américains et le système d'exploitation Android pour ses téléphones intelligents.

Fer-de-lance du développement des infrastructures 5G (internet mobile ultrarapide) en Chine, ZTE compte plus de 74 000 employés. La société chinoise est le quatrième fournisseur de téléphones intelligents aux États-Unis.

Avertissements

La répression américaine contre le ZTE a été interprétée par certains comme faisant partie d'un effort plus large des États-Unis pour étouffer l'ambition technologique de la Chine.

Adam Schiff, représentant démocrate de la Californie au Congrès américain, a réagi à la déclaration du président en affirmant qu’il « devrait se soucier davantage de notre sécurité nationale que des emplois chinois ».

« Nos agences de renseignement nous ont avertis que la technologie et les téléphones de ZTE représentent une menace sérieuse pour la cyber sécurité », a dit Adam Schiff.

La déclaration de Donald Trump a surpris bien des observateurs qui essayaient de comprendre cette volte-face.

Le président a adopté une position ferme à l’égard du gouvernement chinois qu’il accuse de pratiques commerciales déloyales. Il a claironné ses efforts pour protéger les emplois américains même si cela signifie la création de tensions ou de contraintes économiques dans d'autres pays.

« Considérant la pression qu’il exerce sur Beijing sur le plan du commerce, je ne comprends pas l'inquiétude pour les emplois chinois », a dit Adam Segal, un spécialiste en technologie et en sécurité au Council on Foreign Relations.

Il ajoute : « Cela va à l'encontre du flux constant d'avertissements de sécurité au sujet de ZTE ».

Guerre commerciale

L'affaire ZTE se déroule sur fond de tensions entre les États-Unis et la Chine, avec le spectre d'une guerre commerciale entre les deux pays liée à la menace de droits de douane américains punitifs qui pourraient être mis en place dès le 22 mai.

Les États-Unis importent pour plus de 500 milliards de dollars de biens fabriqués en Chine chaque année. Donald Trump a proposé de forcer la Chine à acheter pour 200 milliards de dollars de marchandises supplémentaires en provenance des États-Unis.

Les États-Unis dénoncent notamment les subventions massives de l'État chinois aux secteurs stratégiques et les transferts de propriété intellectuelle imposés aux firmes étrangères.

Le micromessage de Donald Trump survient à quelques jours d’une rencontre prévue entre des responsables américains et Liu He, un des plus influents conseillers du président chinois Xi Jinping, afin de discuter des relations commerciales tendues entre les deux pays. Cette rencontre est censée se dérouler à Washington cette semaine ou celle d’après.

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