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Tsipras souhaite « éviter un désastre » à la Grèce

Aux prises avec une fronde populaire et politique - y compris dans ses rangs -, le premier ministre grec Alexis Tsipras affirme qu'il n'a pas eu le choix d'accepter l'accord « imposé » par les créanciers de la Grèce et qu'il l'a fait pour « éviter le désastre au pays ».

Il presse les élus grecs à donner leur feu vert aux réformes proposées par l'Union européenne. Les députés débattent aujourd'hui du nouveau plan de sauvetage financier qui sera soumis au vote à minuit.

Ce troisième plan d'aide en cinq ans, estimé à 86 milliards d'euros sur trois ans, prévoit notamment d'importantes hausses de taxes, une réduction des retraites et du coût de la fonction publique et la privatisation de certaines sociétés d'État.

« La triste vérité, c'est qu'on nous a imposé cette voie à sens unique », a-t-il soutenu sur les ondes de la télévision publique grecque Ert, critiquant l'intransigeance des créanciers et le « ton vindicatif » qu'ils ont adopté à l'issue du référendum du 9 juillet.

Athènes est obligée de mener ces réformes afin d'écarter définitivement le spectre d'une sortie de la zone euro, a-t-il dit.

En aucun cas, a-t-il assuré, il n'aurait accepté ce plan si l'étude sur les conséquences d'un « Grexit », qu'il avait commandée, l'avait convaincu qu'il s'agissait pour la Grèce d'une solution viable.

Alexis Tsipras a par ailleurs exclu des élections anticipées, car il n'a pas l'intention d'échapper à ses responsabilités.

Révolte ouverte dans son propre camp

En colère contre le premier ministre Tsipras, plusieurs dizaines de députés de sa formation, Syriza, dont certains ministres, et des élus de son partenaire de coalition, Anel, déplorent qu'il ait accepté des réformes pourtant rejetées massivement par les Grecs il y a cinq jours.

Plusieurs d'entre eux s'apprêteraient d'ailleurs à voter contre les réformes préconisées lors du vote crucial de mercredi. Le ministre de l'Énergie Panagiotis Lafazanis, par exemple, a qualifié l'entente d'« inacceptable ».

Un responsable gouvernemental a soutenu qu'Alexis Tsipras remanierait probablement son gouvernement après le vote, de façon à écarter les ministres dissidents des postes-clés de son Cabinet.

L'entente rencontre également une résistance au sein de la population. Plusieurs syndicats ont appelé à une grève qui coïncidera avec le vote au Parlement.

Les banques pourraient rester fermées jusqu'à la mi-août

Alexis Tsipras a par ailleurs laissé entendre que les institutions bancaires du pays, fermées depuis le 29 juin, pourraient n'ouvrir que le mois prochain pour éviter que les Grecs retirent tout leur argent.

Cela dépendra de l'accord final, qui n'aura pas lieu avant un mois, a-t-il rappelé. Il a cependant dit espérer que la Banque centrale européenne augmente son aide d'urgence aux banques grecques. Ça permettrait aux Grecs de retirer davantage aux guichets automatiques que les 60 euros quotidiens auxquels ils ont droit actuellement.

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