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Tuerie à Las Vegas : « c'était incroyablement chaotique »

Des survivants de la fusillade de Las Vegas, qui a fait 50 morts et plus de 500 blessés, racontent comment ils ont vécu leur mésaventure. Beaucoup d'entre eux relatent que, pendant un long moment, ils avaient cru entendre des feux d'artifice, avant de s'apercevoir du drame en cours et du danger qui les guettait.

En voyage de noces à Las Vegas, un couple d'Ottawa, Brad Sherk et Lindsay Hugenholtz, s'est retrouvé au coeur de la fusillade.

« Nous avons entendu pop, pop, pop. Tout le monde regardait autour, se demandant si quelqu’un lançait des feux d’artifice », a raconté Brad Sherk. « Une seconde série de coups a débuté et nous savions que ce n’était pas des feux d’artifice. »

John Belland et son épouse, Karen, n’ont pas davantage reconnu les détonations de l’arme à feu. Et puis les personnes autour d’eux ont commencé à courir.

« Nous avons vu des gens tomber », a dit John Belland à CBC. « Sur le coup, je pensais qu’ils s’accrochaient, mais maintenant que j’y repense, ils étaient plutôt atteints par des balles. »

Ce couple de Britanno-Colombiens s’est réfugié sous des gradins avec d’autres spectateurs en attendant que les coups de feu cessent.

Les nouveaux mariés, eux, se sont baissés pour éviter les balles. « Les coups de feu continuaient à résonner. Il y en avait tellement! Nous nous tenions par la main », se rappelle Brad Sherk.

Le nouveau marié a ajouté qu’il voulait fuir, mais que sa femme l’a convaincu de rester en place.

Des vidéos tournées au moment de la fusillade montrent des spectateurs tentant de se mettre à l'abri, alors que des rafales d'arme automatique déchirent la nuit.

« Cela ressemblait à un feu d'artifice. Les gens tombaient sur le sol. Cela ne s'arrêtait pas », témoigne Steve Smith, un spectateur venu de Phoenix, dans l'Arizona, pour ce festival.

La fusillade lui a semblé interminable, raconte-t-il. « Sans doute une centaine de coups à la fois. Ensuite, on aurait dit qu'il rechargeait, puis les tirs reprenaient. Les gens ont été abattus en fuyant. Beaucoup de gens ont été touchés. »

Panique et chaos

Selon Joe Pitzel, un spectateur interrogé par CNN, de nombreuses personnes n'ont pas bougé immédiatement lors des coups de feu.

C'est au moment où le chanteur Jason Aldean et ses musiciens ont quitté la scène en courant que le mouvement de panique s'est amorcé.

« Soudainement, toute la foule s'est couchée au sol d'un seul coup, c'était surréaliste », dit-il

« Ça a commencé comme un bruit de verre brisé. On a regardé autour de nous pour savoir ce qui se passait. Quelques minutes plus tard, on a entendu pop, pop, pop, pop. On a pensé que c'étaient des feux d'artifice ou des pétards. Et l'on a réalisé que ce n'était pas le cas, que c'était des coups de feu », a raconté Monique Dekerf, une spectatrice, sur les ondes de la chaîne CNN.

« On a pensé pendant un moment : "OK, on va bien, il n'y a plus de tirs." Et puis, ça a recommencé », a-t-elle ajouté.

Fuyant avec la foule terrorisée, Ralph Rodriguez était venu assister au festival avec une dizaine d'amis. « On a entendu comme des pétards, vers la droite de la scène », se souvient M. Rodriguez.

Le tireur, le voisin d'en bas

« On a emmené des gens qui saignaient. On ne savait pas pourquoi. On n'a pas eu le temps de leur demander. On leur disait : "Si vous pouvez tenir, tenez bon", et on continuait à avancer. » « Ça a été horrible, mais tout le monde aidait tout le monde », souligne-t-il encore. « J'ai vu des gens prendre des enfants qui n'étaient pas les leurs, j'en ai vu pousser les fauteuils roulants de gens qu'ils ne connaissaient pas. »

Finalement, M. Rodriguez a réussi à retourner à son hôtel, pour découvrir que sa chambre « était directement au-dessus de celle du tireur. Il était au 32e étage, chambre 134, et je suis au 33e étage, chambre 134. »

« Aujourd'hui, quand le vent souffle, ses rideaux se soulèvent et viennent frapper ma fenêtre. C'est assez effrayant », témoigne Ralph Rodriguez.

Ses amis s'en sont tous sortis, sains et saufs.

Un musicien de Céline Dion non loin de la tragédie

Guillaume Marchand était revenu à sa chambre d'hôtel depuis à peine 10 minutes lorsqu'il a entendu les sirènes de police.

Le jeune homme raconte qu’il est ensuite descendu à la réception, où on lui a dit de retourner à sa chambre.

« On ne savait pas combien il y avait de tireurs, parce qu’on entendait beaucoup de coups de feu d’armes automatiques. On nous a dit de remonter dans nos chambres. Il y avait beaucoup de rumeurs qui disaient qu’il y avait plusieurs tireurs sur des toits d’hôtels différents. Je n’ai pas pris de chance, je suis retourné à ma chambre et j’ai écouté en direct à la télé. »

Il a aussi appelé ses collègues de l’équipe de production pour apprendre que tous étaient en sécurité.

Le lendemain matin, dans le hall de l’hôtel, rien n’était plus pareil.

« Las Vegas, c’est une ville de fête. Les gens viennent ici pour s’amuser, mais ce matin, j’ai senti une grande tristesse parmi les gens d’ici. On est un peu dépassés par les événements. »

Ses sentiments font écho à ceux de Barbara Vetere, une Québécoise qui vit à Las Vegas depuis 15 ans. Auteure des Chroniques de Las Vegas, elle n’est pas étonnée qu’un tel drame se soit produit.

« Las Vegas étant une ville qui était potentiellement ciblée. Les policiers, les pompiers s’y préparaient depuis plusieurs années. Ils l’ont prouvé dans la façon qu’ils ont répondu à cette situation irréaliste. C’est malheureux », dit-elle.

Elle n’a pas été témoin de l’événement, mais se sent solidaire de sa communauté « tissée serrée ».

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