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Turquie : Gülen « un pion manipulé par des forces », croit Erdogan

Fethullah Gülen, l'imam accusé par la Turquie d'avoir orchestré la tentative de coup d'État du 15 juillet, a été manipulé par des forces plus grandes, a soutenu le président Recep Tayyip Erdogan, samedi, en entrevue avec un média turc.

Le président alimente ainsi les théories de la conspiration qui se multiplient dans le journal progouvernemental turc à la suite de la tentative de renversement du gouvernement.

On peut y lire que la tentative de putsch aurait été financée par la CIA et dirigée par un général retraité de l'armée américaine à l'aide d'un téléphone cellulaire depuis l'Afghanistan.

Depuis le 15 juillet, le président de la Turquie fait régulièrement allusion à un « cerveau directif » dans ses discours. Une référence largement attribuée à l'Occident et plus précisément aux États-Unis.

Les États-Unis ont nié toute implication dans le complot en plus d'assurer qu'ils ne connaissaient rien du projet de renversement avant la tentative de putsch.

La thèse du président a été livrée au moment de l'annonce d'une série de nouvelles mesures de répression et de resserrement du contrôle de l'armée et du renseignement au pays.

Purges à la Cour constitutionnelle

M. Erdogan a déclaré que 64 employés de la Cour constitutionnelle de la Turquie avaient été suspendus.

Il soutient vouloir ainsi confirmer si les employés du plus haut tribunal du pays ont eu des liens avec la tentative de renversement du gouvernement et attendra la fin d'une évaluation pour rendre sa décision.

Contrôle resserré de l'armée et du renseignement

Le président turc a également annoncé la fermeture d'écoles militaires et l'ouverture d'une nouvelle université militaire pour former les forces armées.

Il a aussi annoncé son désir d'introduire un changement à la Constitution pour faire passer tous les commandants militaires et le service national de renseignement sous le contrôle du ministère de la Défense.

Près de 70 0000 travailleurs du système judiciaire ou d'éducation ont été suspendus ou renvoyés au pays, d'après les chiffres diffusés par Anadolu, l'agence de presse officielle de la Turquie.

Au moins 18 000 personnes ont également été incarcérées ou arrêtées depuis le 15 juillet et quelque 3500 d'entre elles ont finalement été relâchées. Selon les chiffres du ministre turc de l'Intérieur, Efkan Ala, parmi les personnes qui se trouvent toujours derrière les barreaux, plus de 9000, principalement des militaires, ont été officiellement arrêtées.

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