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Un 16e candidat républicain se lance dans la course présidentielle

Avec l'entrée en scène du gouverneur de l'Ohio, John Kasich, dans la course à l'élection présidentielle américaine, l'investiture du Parti républicain de 2016 passera à l'histoire pour le nombre record de candidats qui souhaitent la briguer.

Relayant un message de conservatisme fiscal et de compassion rappelant celui de George W. Bush, en 2000, celui qui devient le 16e candidat républicain a lancé sa campagne devant des militants réunis à Colombus, en Ohio.

Il s'agit de sa deuxième tentative pour accéder à la Maison-Blanche : il s'était lancé brièvement dans la course en 2000.

Baisses d'impôt, finances publiques équilibrées, John Kasich tablera sur ses réalisations économiques. Depuis son élection, en 2010, l'économie de l'État s'est redressée. Le gouverneur a réussi à effacer un déficit de 8 milliards de dollars sans augmenter les taxes.

Le politicien de 63 ans se démarque aussi par sa vaste expérience politique sur la scène nationale. Il a auparavant servi pendant 18 ans à la Chambre des représentants, où il a notamment présidé l'important comité sur le budget.

C'est sous sa gouverne que la Chambre, qui croulait sous les déficits, a réussi à équilibrer le budget grâce à une entente bipartisane. Il se présente d'ailleurs lui-même comme un Midwesterner capable de collaborer avec les démocrates.

Un candidat trop modéré pour certains

Reconnu pour son franc-parler, voire pour son tempérament bouillant, celui qui a aussi été commentateur au réseau Fox News, aura du fil à retordre avec les plus conservateurs de son parti.

Dans la foulée de la réforme des soins de santé du président Obama, il a aussi pris ses distances avec son parti en étendant le programme de Medicaid, destiné aux personnes à revenus modestes. Ce n'est pas le seul enjeu sur lequel les partisans du Tea Party sont en désaccord avec lui : il envisage d'accorder la citoyenneté américaine à certains immigrants illégaux.

Son passé au sein de la banque d'investissement Lehman Brothers, jusqu'à la faillite de l'entreprise, en 2008, en tant que directeur général, pourrait nuire à sa candidature. Une frange importante de l'électorat républicain reste hostile aux banques de Wall Street, dans la foulée de la crise économique survenue il y a quelques années.

Son message s'adresse d'ailleurs aux électeurs qui ne font pas partie de la base traditionnelle du Parti républicain : cols bleus, travailleurs précaires et minorités, qui « ne sont pas sûrs que le rêve américain est possible ».

« Si vous faites partie d'une minorité, comme les Afro-Américains, vous devez vous demander si le système non seulement ne marche pas pour vous, mais marche contre vous », a-t-il lancé devant ses partisans.

Une entrée tardive dans la course

À environ six mois de la tenue des premiers caucus et primaires, John Kasich se poste tardivement sur la ligne de départ.

Pour l'instant, il est peu connu des Américains et tire de l'arrière dans les enquêtes d'opinion. Selon une moyenne des sondages établie par le site RealClearPolitics, il recueille à peine 1,5 % des intentions de vote des républicains, ce qui le place au mieux au 11e rang.

Selon un récent sondage du Washington Post et ABC News, le magnat de l'immobilier Donald Trump est le préféré de 24 % des électeurs républicains. Il devance facilement ses plus proches adversaires comme Scott Walker et Jeb Bush.

John Kasich présente cependant l'avantage de diriger l'un des États les plus importants pour les élections présidentielles. Aucun candidat depuis John F. Kennedy, en 1960, n'a gagné la présidentielle sans remporter cet État pivot.

C'est aussi dans l'Ohio que les républicains tiendront leur premier débat télévisé de la campagne, le 6 août. Kasich devra remonter rapidement dans les sondages s'il veut y participer, car seuls les dix meneurs y participeront. 

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