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Un Américain condamné à 10 ans de prison en Iran pour espionnage

Un doctorant en histoire possédant la nationalité américaine a été condamné en Iran à 10 ans de prison pour espionnage, a annoncé dimanche le porte-parole de la justice iranienne.

Xiyue Wang, âgé de 37 ans et né en Chine avant d'être naturalisé américain, est accusé d'espionnage « sous le couvert de faire de la recherche », a déclaré le site Internet de la justice iranienne, Mizan.

« Cette personne, qui récoltait des informations et était directement contrôlée par l'Amérique, a été condamnée à 10 ans de prison, mais peut faire appel de cette condamnation », a mentionné un porte-parole du pouvoir judiciaire à la télévision iranienne.

Le département d'État américain a accusé l'Iran de fabriquer de fausses accusations afin de justifier la détention d'Américains et d'autres ressortissants étrangers.

« Nous demandons la libération immédiate de tous les citoyens américains injustement détenus en Iran afin qu'ils puissent retrouver leurs familles », a dit dimanche un responsable de la diplomatie américaine.

« Une infiltration occidentale »

Le doctorant d'histoire à l'Université Princeton et été arrêté en juillet 2016 lorsqu'il tentait de quitter l'Iran.

Xiyue Wang était notamment actif au Centre d'études Sharmin et Bijan Mossavar-Rahmani de Princeton qui, selon le site Internet de la justice iranienne, a des liens avec les services de renseignements israéliens et occidentaux.

« L'espion américain arrêté en Iran était aussi au centre et sa mission était de rassembler des informations et des documents confidentiels », indique Mizan, qui précise qu'il a copié 4500 documents.

L'Université Princeton a précisé pour sa part que Xiyue Wang, spécialiste de la fin du XIXe siècle et du début du XXe eurasiatique, était en Iran pour des recherches sur la dynastie révolue des Kadjars.

« Nous avons été très bouleversés par les accusations portées contre lui en lien avec ses activités universitaires, et par sa condamnation et la peine de prison », a déclaré l'université dans un communiqué.

La détente qui se profile avec l'Occident en Iran à la suite de l'accord nucléaire de juillet 2015 inquiète les partisans d'une ligne conservatrice à Téhéran. Ces derniers voient arriver dans la capitale un flot de délégations commerciales à la recherche de contrats profitables, expliquent les spécialistes de l'Iran.

Des dizaines d'artistes, de journalistes et d'hommes d'affaires, dont certains disposent aussi de la nationalité américaine, canadienne, ou de certains pays d'Europe, ont été arrêtés dans le cadre de la lutte contre « l'infiltration occidentale ».

Des Iraniens disposant de la double nationalité américaine, britannique, autrichienne, canadienne et française ont été arrêtés ces derniers mois sur des accusations d'espionnage et de collaboration avec des gouvernements hostiles.

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