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Un attentat durant un mariage fait 50 morts en Turquie

Au moins 50 personnes ont été tuées, et une centaine d'autres, blessées dans un attentat perpétré samedi durant un mariage à Gaziantep, dans le sud-est de la Turquie, a annoncé dimanche le gouverneur de la province.

L'attentat visait un mariage auquel assistaient de nombreux Kurdes. Le Parti démocratique des peuples (HDP, pro-kurde) a fait savoir dans un communiqué qu'il s'agissait du mariage d'un de ses membres, et que des femmes et des enfants figuraient parmi les victimes. Les mariés ont survécu au carnage. 

La mariée, Besna Akdogan, a déclaré à l'agence de presse Anadolu : « Ils ont transformé notre mariage en bain de sang. »

Des témoins ont livré des descriptions effroyables de l'attaque. « Les célébrations se terminaient et il y a eu une grosse explosion au milieu des gens qui dansaient », a déclaré un témoin, Veli Can.

« Nous étions assis sur des chaises, je discutais avec un de mes voisins. Il s'est effondré sur moi durant l'explosion. S'il n'était pas tombé sur moi, je serais morte », a raconté une femme à l'AFP.

De nombreux bâtiments à proximité des lieux ont été endommagés par l'explosion.

Les restes d'une veste d'explosifs ont été retrouvés sur les lieux, a annoncé le parquet, confirmant la thèse d'un attentat-suicide. Un kamikaze se serait mêlé aux invités avant d'actionner sa charge.

Attiser les tensions communautaires

Dans un communiqué condamnant l'attaque, le président Recep Tayyip Erdogan a rapidement pointé du doigt le groupe armé État islamique (EI), auquel ont été attribués plusieurs attentats commis ces derniers mois en Turquie, dont celui qui a fait 44 morts à l'aéroport d'Istanbul en juin.

L'EI a par le passé été accusé de cibler des rassemblements kurdes pour attiser les tensions communautaires, comme en octobre dernier à Ankara, où 95 personnes avaient été tuées pendant une manifestation.

M. Erdogan a déclaré que les auteurs de l'attaque avaient pour objectif de semer la division entre les différents groupes ethniques vivant en Turquie.

Un regain de violences a été constaté cette semaine dans le sud-est de la Turquie. Divers attentats à la bombe ont fait 10 morts, principalement des policiers et des militaires. Les autorités ont mis cette escalade sur le compte des militants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

La Turquie est aussi fragilisée par la tentative de coup d'État du 15 juillet, qui a fait 240 morts et a débouché sur de vastes purges, y compris au sein des services de sécurité, visant les partisans du prédicateur en exil Fethullah Gülen, présenté par les autorités d'Ankara comme l'instigateur du putsch.

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