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Un autre complot terroriste démantelé en France

Sept personnes ont été interpellées à Strasbourg et à Marseille dans le cadre d'une enquête sur un projet d'attentat en France, a annoncé lundi le ministre de l'Intérieur.

Les suspects, âgés de 29 à 37 ans, ont été arrêtés dans la nuit de samedi à dimanche, a précisé Bernard Cazeneuve dans une déclaration à Paris. Ils sont de nationalité française, marocaine et afghane.

« L'aboutissement du travail de la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure) a permis de mettre en échec une action terroriste envisagée de longue date sur notre sol », a dit Bernard Cazeneuve, sans préciser le lieu visé.

Cette opération a eu lieu moins d'une semaine avant l'ouverture, prévue vendredi, de la 446e édition du célèbre marché de Noël de Strasbourg, qui attire chaque année une foule d'environ 2 millions de personnes dans les rues de la capitale alsacienne.

Mais le maire socialiste de Strasbourg, Roland Ries, a assuré que le marché de Noël n'était pas visé.

« J'ai eu Bernard Cazeneuve au téléphone ce matin, il m'a dit que ce n'était pas en rapport avec le marché de Noël », a-t-il dit lors d'une conférence de presse, précisant que l'action présumée était plutôt envisagée « en région parisienne ».

La ville de Strasbourg n'était a priori pas ciblée, a confirmé à Reuters une source proche de l'enquête.

Huit mois d’enquête

Robert Herrmann, le président de l'Eurométropole de Strasbourg, a indiqué qu'une des personnes interpellées appartiendrait à ses services.

Au moins certains des sept suspects ont été en Syrie, a par ailleurs indiqué à Reuters une source proche du dossier. Ils ont été interpellés de manière précipitée alors qu'ils attendaient une livraison d'armes, selon Le Parisien.

Les investigations devront s'attacher à déterminer si le projet était « une attaque coordonnée visant à frapper simultanément plusieurs sites sur le territoire », a précisé Bernard Cazeneuve.

La DGSI était sur la piste de ce commando depuis huit mois dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte au parquet antiterroriste. Six des sept suspects étaient inconnus des services de renseignement.

L'un des hommes arrêtés, un Marocain dont la résidence n'était pas en France, a été « signalé par un pays partenaire », a souligné Bernard Cazeneuve, sans préciser lequel. Cinq suspects liés à ce réseau avaient déjà été interpellés le 14 juin dernier à la veille de l'ouverture de l'Euro de football qui s'est déroulé en France, a-t-il ajouté.

Depuis le 1er septembre, 143 personnes ont été interpellées, dont 52 ont été écrouées et 21 placées sous contrôle judiciaire. « Ces interpellations ont souvent représenté autant d'attentats et de drames évités », a dit Bernard Cazeneuve. Depuis le début de 2016, une vingtaine d'attentats ou de projets d'actions violentes ont été déjoués en France, selon les autorités.

François Hollande a annoncé la semaine dernière vouloir prolonger l'état d'urgence, instauré après les attentats du 13 novembre 2015, jusqu'à l'élection présidentielle d'avril-mai, en raison des menaces pour la sécurité qu’elle pourrait entraîner. Ce dispositif, qui devait prendre fin en janvier 2017, a déjà été prolongé quatre fois.

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