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Un couple canadien captif en Chine au coeur d'un casse-tête pour le gouvernement Trudeau

Un couple de vignerons de la Colombie-Britannique, arrêté en Chine il y a près de deux ans, ne sait toujours pas quand il pourra rentrer au pays. Leur fille demande au premier ministre Justin Trudeau d'agir, alors qu'il s'apprête à faire une visite officielle en Chine. C'est un autre cas consulaire délicat pour Ottawa, qui veut resserrer ses liens économiques avec l'empire du Milieu.

Un texte de Louis Blouin, correspondant parlementaire à Ottawa

Depuis des mois, Amy Chang multiplie les rencontres avec des politiciens à Ottawa. Elle a même eu un entretien avec la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, mais depuis, les choses n'ont pas bougé. « Je suis inquiète parce que personne n'a fait de suivi auprès de moi », dit-elle.

Une dispute commerciale s'est transformée en cauchemar pour sa famille. Ses parents, propriétaires de vignobles, ont été arrêtés dans leur hôtel de Shanghai, en mars 2016. John Lang et Allison Lu étaient en visite en Chine pour rencontrer des fournisseurs et des détaillants.

Ils sont accusés d'avoir menti au sujet de la valeur des bouteilles qu'ils exportent en Chine. Le régime chinois y voit même de la contrebande.

Son père, malade, est emprisonné depuis maintenant presque deux ans. « Il a perdu beaucoup de poids, il pesait 90 kilos, il en pèse aujourd'hui 72 », fait-elle valoir.

Sa mère n'est pas en détention, mais elle ne peut pas quitter la Chine, puisque son passeport a été saisi.

Amy Chang est horrifiée de voir une dispute commerciale se transformer en procès criminel. Elle a écrit une lettre au premier ministre Trudeau pour lui demander d'intervenir, lui qui se prépare à faire une visite officielle en Chine, la semaine prochaine.

Intervention au plus haut niveau

Le bureau de la ministre des Affaires étrangères assure que ce cas consulaire a été soulevé auprès des autorités chinoises. « La ministre Freeland l'a soulevé directement avec son homologue chinois lors du sommet de l'APEC. Ils en ont également discuté lors d'une rencontre à Pékin, en août dernier », a expliqué son porte-parole.

Ce dossier mêlant commerce et droits de la personne est un casse-tête pour le gouvernement. Surtout qu'Ottawa pèse actuellement le pour et le contre du libre-échange avec la Chine. Pour André Laliberté, professeur titulaire en études politiques à l'Université d'Ottawa, c'est un rappel des risques de brasser des affaires avec un régime autoritaire.

Amy Chang espère que le gouvernement Trudeau n'entamera pas de pourparlers officiels en vue d'un accord de libre-échange, tant que le cas de ses parents ne sera pas réglé.

Rappelons que le gouvernement Trudeau est intervenu avec succès en 2016 pour libérer un Canadien détenu en Chine. Kevin Garratt a été emprisonné pendant deux ans; il était soupçonné d'espionnage par le gouvernement chinois.

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