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Un employé de la NSA arrêté pour vol de données secrètes

Un employé contractuel de la NSA (National Security Agency) soupçonné d'avoir volé des données de l'agence fédérale classées « top secret » a été arrêté, à la toute fin du mois d'août, par le FBI. C'est ce qu'a révélé le New York Times dans son édition du mercredi 5 octobre.

Harold Thomas Martin III est un salarié de Booz Allen Hamilton, une société sous-traitante travaillant pour la NSA. La même qui avait engagé comme sous-traitant Edward Snowden, l'informaticien qui avait révélé l'étendue du programme de surveillance et d'espionnage américain.

Selon le quotidien new-yorkais, la perquisition effectuée dans le domicile de M. Martin a mené à une importante saisie de documents et d'informations numérisées stockées sur différents appareils électroniques. Le journal ajoute que la police a aussi retrouvé des documents confidentiels dans la voiture de l'accusé.

Interrogé par les agents du FBI, l'homme de 51 ans a d'abord nié les faits, avant de les reconnaître, écrit le journal.

Dans la foulée des révélations du New York Times, les avocats de M. Martin ont publié un communiqué affirmant qu'il n'y avait pas de « preuves évidentes » contre leur client. Il aime sa famille et son pays, il ne va pas trahir les États-Unis, ont-ils écrit.

Selon le journal, les motivations de M. Martin restent inconnues par les agents du FBI. Mais ces derniers le soupçonnent d'avoir voulu pirater les systèmes informatiques des pays rivaux des États-Unis (Russie, Chine, Iran et Corée du Nord) avec les codes confidentiels qu'il a volés.

Pour le FBI, il est trop tôt pour parler d'espionnage. Mais les agents fédéraux disent poursuivre l'enquête pour savoir si M. Martin a joué un rôle dans une série de fuites sur les écoutes téléphoniques américaines concernant des pays comme le Japon, l'Allemagne et publiées l'année dernière par WikiLeaks.

Ces lanceurs d'alerte, traîtres ou héros?

Le FBI refuse de faire une comparaison avec l'affaire Snowden. Les enquêteurs pensent que M. Martin aurait « volé » les documents avant que l'affaire Snowden ne soit rendue publique, indique le quotidien new-yorkais.

Bruce Schneider, un spécialiste de sécurité informatique qui suit de près les fuites de la NSA, a indiqué au New York Times qu'il n'y avait « pas une épidémie » Snowden.

Toutefois, M. Schneider a fait remarquer que l'agence fédérale a recruté ces dernières années beaucoup de jeunes programmeurs et des spécialistes du piratage informatique. Les officiels ont peur que ces jeunes soient inspirés par Snowden, mais le suspect actuel ne semble pas répondre à ce profil, selon lui.

Dans un document du FBI, le département de la Justice évalue à plus de 1000 $ l'équipement volé par M. Martin qui, pour le moment, est poursuivi pour détention de matériels secrets et vol au détriment du gouvernement. Il risque respectivement un an et dix ans de prison pour les méfaits dont il est accusé.

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