Le bilan de l'attentat perpétré lundi dans le métro de Saint-Pétersbourg s'élève maintenant à 14 morts, a annoncé la ministre russe de la Santé, Veronika Skvortsova. Mais il aurait pu être plus élevé, soutient le directeur du métro, si ce n'avait été le sang froid du conducteur du train.

« Aujourd'hui, on peut constater la mort de 14 personnes, dont 11 ont été tuées sur les lieux et trois autres sont décédées de leurs blessures » dans des ambulances ou à l'hôpital de la deuxième ville de Russie, a déclaré Mme Skvortsova. En outre, 49 blessés sont toujours soignés dans des hôpitaux de la ville.

L'explosion à l'origine du drame est survenue à 14 h 40, lundi, dans une rame de métro circulant entre deux stations achalandées – Sennaïa Ploshchad et Tekhnology Institute – dans le centre de Saint-Pétersbourg, ont expliqué les services de sécurité russe.

Or, le conducteur du métro, plutôt que de s'arrêter en plein tunnel, a continué sa route afin d’atteindre la station suivante. La manœuvre a ainsi permis de sauver plusieurs personnes qui auraient péri asphyxiées si la rame s’était immobilisée dans le tunnel entre les deux stations.

« J’ai suivi les instructions », a simplement indiqué le conducteur de la rame, Alexandre Kaverine, 50 ans.

« L'explosion venait d'avoir lieu [...] Il y a eu un boum et de la fumée. J'ai commencé à recevoir des messages incompréhensibles par [l'interphone] passager-conducteur. Ils parlaient tous en même temps, dans tous les wagons », a raconté M. Kaverine au cours d’une conférence de presse.

Le directeur du métro de Saint-Pétersbourg, Vladimir Kariouguine, a dit que M. Kaverine avait sauvé de nombreuses vies en amenant le train jusqu’au quai de la station de Tekhnologuitcheski Institout.

« S'il avait fallu sortir les gens du wagon alors que le train était encore dans le tunnel, cela aurait été compliqué », a-t-il assuré en expliquant que les secours avaient pu porter assistance aux blessés et les évacuer plus rapidement parce que la rame se trouvait déjà à quai.

« Dans des situations d'urgence, les gens deviennent des héros », a affirmé M. Kariouguine en ajoutant que le conducteur recevra une médaille pour sa bravoure.

Ce dernier, qui a parlé « d’une journée difficile », a déploré ne pas avoir pu rentrer chez lui pour passer la nuit avec sa femme et ses deux enfants en raison de la horde de journalistes qui faisaient le pied de grue devant chez lui.

La population de l’ancienne capitale impériale russe observera un deuil de trois jours à la mémoire des victimes et les drapeaux de la ville ont été placés en berne.

La thèse de l'attentat confirmée

La commission chargée de l’enquête a confirmé la thèse de l’attentat terroriste en précisant que l’explosion avait bel et bien été causée par une bombe. Les enquêteurs ont identifié l’auteur de l’attentat, mais ils refusent de fournir plus de détails à son sujet pour le moment.

« Il a été confirmé qu'un engin explosif avait été déclenché par un homme dont des fragments du corps ont été retrouvés dans le troisième wagon de la rame [de métro] », a indiqué la commission par voie de communiqué.

« L'homme a été identifié, mais son identité ne sera pas révélée pour le moment dans l'intérêt de l'enquête », ajoute le communiqué.

Les services de sécurité du Kirghizistan (GNKB) soutiennent de leur côté avoir identifié l'auteur de l'attentat-suicide. Il s’agit d’un ressortissant russe d'origine kirghize dénommé Akbarzhon Djalilov, né à Och, à proximité de la frontière ouzbèke, en 1995.

La région d'Och est reconnue pour avoir fourni un important contingent de djihadistes à l’EI. Quelque 600 ressortissants kirghiz se sont joints à divers groupes djihadistes en Irak et en Syrie, notamment au sein de l'EI, selon le ministère de l'Intérieur kirghiz.

Un deuxième attentat déjoué

Bien que l’attentat-suicide n’ait pas été revendiqué, il survient au moment où le groupe armé État islamique (EI) a appelé à frapper la Russie en raison de son intervention en Syrie, depuis septembre 2015, derrière les troupes du régime de Bachar Al-Assad.

Un deuxième attentat a également été déjoué in extremis, quelques instants après l'explosion dans le métro, dans une autre station située dans le centre historique de l’ancienne capitale impériale russe. Dissimulé dans un extincteur, l’engin explosif a été découvert et désamorcé à temps pour éviter une autre explosion, lundi.

La vigilance d’un employé d’une autre station de métro a permis d’éviter une deuxième tragédie. Ce dernier a signalé la présence d’un sac abandonné. « Il a sécurisé à temps la zone, il a appelé des spécialistes et, grâce à ces actes, un acte de terrorisme a été évité », a souligné le directeur du métro de Saint-Pétersbourg.

Les autorités russes ont renforcé les mesures de sécurité dans le métro de Saint-Pétersbourg, de Moscou et dans les aéroports à la suite de l'attentat du métro.

Pour consulter la carte au sujet de l'explosion à Saint-Pétersbourg, cliquez ici.

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