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Un hôpital neuf à Haïti... et sans ressources

L'hôpital St-Michel de Jacmel, reconstruit après le séisme en Haïti en 2010 et inauguré en grande pompe l'an dernier, manque cruellement de ressources. Le pays n'est pas en mesure de l'entretenir.

Un des deux bâtiments du nouvel hôpital a été financé par la Croix-Rouge canadienne et américaine. L’autre bâtiment a été financé par le Japon.

Facture totale de la reconstruction : 43 millions de dollars.

L’hôpital St-Michel dessert tout le sud-est du pays, soit une population de 650 000 personnes.

Manque de personnel, de matériel, de financement… et d’électricité

Dans une ville où l’électricité manque un jour sur deux, le nouvel hôpital n’a pas de génératrice pour le bâtiment dans lequel se trouve l’urgence, le bloc opératoire et la maternité.

La chaleur est parfois suffocante pour les patients et peut causer des infections.

Pour bien fonctionner, l’hôpital aurait aussi besoin d’une centaine de personnes de plus.

Les médecins ne viennent pas à l’hôpital

Les médecins sont payés par l’État. Mais leurs visites sont rares.

Le cas est d’autant plus vrai pour les spécialistes. Ils reçoivent un salaire peu élevé de l’État et préfèrent donc travailler dans leur cabinet privé.

Le budget du ministère de la Santé en Haïti représente seulement 4 % du budget total de l’État, soit à peine 16 $ par personne par an.

« Je sais que l’argent du gouvernement haïtien n’a pas été donné », indique le directeur général de l’hôpital St-Michel de Jacmel, le Dr Newton Jeudy.

« Mais après, il y avait le plan d’accompagnement de l’hôpital par la Croix-Rouge canadienne. Mais jusqu’à présent, on n’a pas encore ça. »

La Croix-Rouge se défend

L’organisme humanitaire rappelle que sa tâche était la construction de l’hôpital. Le gouvernement haïtien est responsable de son fonctionnement et du volet médical.

« Il y aurait besoin d’un peu plus de support sur l’organisation interne de l’hôpital… Mais ça, ce n’était pas le mandat de la Croix-Rouge », souligne le chef de mission à Haïti pour la Croix-Rouge canadienne, Brigitte Gaillis.

En collaboration avec l’hôpital Sainte-Justine, la Croix-Rouge a offert de la formation et de l’accompagnement au personnel.

Les changements dans la façon de faire ont permis, entre autres, d’abaisser le taux de mortalité des nouveau-nés, de 32 à 11 % dans certains services.

Garder le moral

« C’est bien d’avoir un bâtiment, mais c’est sûr qu’il faut des ressources adéquates », soutient le chef pharmacien au Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, Jean-François Bussières, dont la mission à Haïti est de former les gens, planifier les espaces, informatiser, et mieux gérer les inventaires de médicaments.

« Ce qu’on fait avec les équipes, c’est de les encourager d’abord, de les soutenir pour qu’elles gardent le moral. Puis, on essaie de faire en sorte qu’au niveau politique, les choses puissent bouger favorablement. »

Jean-François Bussières estime que sans accompagnement, la situation de l’hôpital pourrait se détériorer.

« Si j’étais Haïtien, ici, je me découragerais peut-être. Donc, ils ont besoin d’aide et c’est pour ça que je veux continuer de venir. »

L’engagement de la Croix-Rouge canadienne se terminera en décembre.

D’ici là, les discussions se poursuivent pour que le gouvernement ajoute des ressources.

D’après le reportage de Céline Galipeau

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