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Un juge donne 24 heures à l’ex-président brésilien Lula pour se rendre à la police

Un juge brésilien a émis jeudi un mandat de dépôt contre l'ex-président Luiz Inacio « Lula » da Silva et lui a donné 24 heures pour se constituer prisonnier. Lula, condamné pour corruption, doit purger une peine de 12 ans et un mois de prison.

La Cour suprême a rejeté sa demande de le laisser en liberté jusqu'à l'épuisement de tous les recours.

Luiz Inacio « Lula » da Silva, 72 ans, qui dirigé le pays entre 2003 et 2010, a été reconnu coupable d’avoir reçu un luxueux appartement en bord de mer de la part d'une entreprise de bâtiment contre des faveurs dans l'obtention de contrats publics.

Les juges divisés

La juge en chef Carmen Lucia a enregistré le vote qui a fait pencher la balance, alors que le tribunal était confronté à une égalité de cinq contre cinq. Elle a été vivement critiquée par ses collègues.

Le juge Gilmar Mendes, habituellement parmi les détracteurs de l'ancien président Lula, a voté en faveur de son maintien en liberté, partant du principe qu'un tribunal ne doit pas céder à la pression populaire. Le juge Luis Roberto Barroso a prévenu que l'intégrité de l'appareil judiciaire était menacée.

Quant au juge Marco Aurelio Mello, il a carrément accusé la juge Rosa Weber, qui a voté pour envoyer Lula en prison, de « comploter » contre l'ancien président.

Tranquille et serein

« Le président est tranquille, serein. Il a la conscience tranquille des innocents », a déclaré la présidente du Parti des Travailleurs (PT), Gleisi Hoffmann, au terme d'une réunion de la haute direction de la formation politique, dont Lula est le fondateur.

L'ex-président, qui rejette toutes les accusations, fait valoir l’absence de preuves et crie au complot. Cette affaire, selon lui, vise à l'empêcher de briguer un troisième mandat, alors qu’il jouit d’une popularité record.

Pour Gleisi Hoffmann, la décision de la Cour suprême est politique. Elle « enfreint le droit constitutionnel et la présomption d'innocence ».

Encore dans la course

Luiz Inacio Lula da Silva briguera un nouveau mandat, selon la première responsable du Parti des travailleurs.

L’ex-président, qui ne s’est pas encore prononcé depuis l’annonce de la décision de la Cour suprême, doit faire une apparition publique vendredi soir, lors d'un rassemblement à Sao Bernardo do Campo de Sao Paulo, où il réside.

Il peut même faire campagne derrière les barreaux. Même si la loi de « Ficha Limpa » (casier propre) le rend en théorie inéligible, compte tenu de sa condamnation en appel, dans les faits, sa candidature ne sera analysée formellement qu'en septembre.

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