Les résidents et les visiteurs de Cuba ont droit à des scènes de désolation « jamais vues », après le passage dévastateur d'Irma, ont indiqué plusieurs témoins, dimanche. Il s'agit de l'ouragan le plus puissant à y avoir touché terre depuis 1932. Il a fait au moins 10 morts dans plusieurs provinces de l'île.

« La Havane, elle est en train de tomber en morceaux », a lancé le Québécois Éric Guilbert en entrevue téléphonique à Radio-Canada depuis la capitale cubaine.

« Les Cubains disent en riant que le plus grand ouragan qui a frappé Cuba a été celui du 1er janvier 1959 », a-t-il dit, en faisant référence à la date du coup d'État qui a couronné la révolution menée par Fidel Castro et Che Guevara.

Un humour qui masque le désarroi d’une population dépassée par les événements.

« La particularité, et c'est du jamais vu ici à La Havane, c'est le niveau de la mer, les marées hautes qu'on a vues, a noté M. Guilbert. Il y a des endroits où on n’a jamais vu ça dans l'histoire. Il y a de l'eau jusqu'à certaines rues où l'eau n'est jamais montée. »

C’est notamment le cas du Malecon, célèbre boulevard de bord de mer havanais, où « la mer a avancé comme jamais elle ne l'avait fait auparavant », a dit Mercedes Lopez Acea, présidente du conseil de défense de La Havane.

« Cela fait 49 ans que j'habite ici, c'est la première fois. Il y a toujours eu un peu de pénétration de la mer, mais jamais autant, à ce niveau », a témoigné auprès de l’AFP Ernesto Loza.

Des touristes inquiets

Sonya Bisson, une Québécoise en voyage à Varadero, a passé la soirée de vendredi et la nuit suivante dans le sous-sol de son hôtel.

« Ils sont venus nous chercher hier vers 11 h 30, juste avant l'heure du dîner, a-t-elle relaté. Ils nous ont emmenés dans ce qu'ils appellent "le bunker", le sous-sol de l'hôtel. On a passé 17 heures dans le sous-sol. Et 500 personnes dans un sous-sol, c'est un peu long. On est sorti vers 4 h du matin. »

« Il y a quand même assez de dommages, a constaté Mme Bisson. Cet ouragan a cassé beaucoup d'arbres, évidemment, des tuiles des toits qui ont décollé et qui sont rentrées dans les portes-patio. Les balcons, on ne peut pas les utiliser... »

Censée revenir au Canada lundi, Sonya Bisson n’était sûre de rien, samedi matin.

« On n'a aucune information, a-t-elle déploré. On ne sait pas ce qui arrive avec Sunwing. On est un petit peu déçus, parce que [les voyageurs de] WestJet ont tous été rapatriés d'urgence. Même affaire pour Air Transat. Mais nous, on est laissés à nous-mêmes. On n'a aucune idée de ce qui arrive. »

Sunwing a fait valoir dans un communiqué que « le plan d'évacuation à Cuba était particulièrement complexe » pour elle puisqu'elle y avait plus de clients que n'importe quelle autre compagnie aérienne canadienne.

« Nous travaillons en collaboration avec les officiers locaux afin de ramener les clients à la maison aussitôt que l'aéroport de Varadero sera rouvert », a mentionné le transporteur.

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