Des dizaines de milliers de Français ont débrayé mardi dans plusieurs villes du pays, dont Paris, pour manifester contre la réforme du Code du travail, à laquelle tient le président Emmanuel Macron. Quelques accrochages ont eu lieu, mais ces heurts n'ont pas fait de victime.

Quelque 24 000 personnes se sont rassemblées dans les rues de la capitale, selon les autorités. La Confédération générale du travail (CGT), le plus important syndicat français, estime pour sa part à 60 000 le nombre de participants.

Le défilé parisien a été stoppé à plusieurs reprises par des affrontements avec les forces de l'ordre, qui ont répliqué à des jets de projectiles en faisant usage de gaz lacrymogènes et d'un canon à eau.

La police fait état de quatre arrestations et d'une personne transportée à l'hôpital en raison de blessures légères.

La réforme contestée doit donner plus de pouvoirs aux employeurs, voire faciliter les congédiements, en particulier dans les PME, qui emploient près de la moitié des salariés en France. Elle prévoit aussi un plafonnement des indemnités en cas de contentieux ainsi qu'une réduction des délais de recours des salariés.

Les syndicats et groupes étudiants dénoncent ce qu'ils appellent une « régression sociale historique ».

L'objectif affiché par le président est de donner plus de flexibilité aux entreprises et de les encourager à embaucher de nouveaux employés. En France, le chômage touche 9,5 % de la population active, contre une moyenne de 7,8 % en Europe et 6,2 % au Canada.

Ce premier grand chantier social du quinquennat Macron constitue une sorte de test pour le président, qui espère réussir là où avait échoué son prédécesseur, François Hollande.

Le premier ministre Édouard Philippe en avait d'ailleurs fait sa priorité le jour de sa nomination.

Le projet de loi habilitant le gouvernement à modifier par ordonnances le Code du travail avait été adopté deux mois plus tard par une écrasante majorité de députés à l'Assemblée nationale, au grand dam du parti d'opposition La France insoumise et de son président, Jean-Luc Mélenchon, qui était à Marseille, mardi, pour faire entendre sa voix.

Ces manifestations se sont déroulées en l'absence du président Macron, en déplacement dans l'île caribéenne de Saint-Martin pour constater l'ampleur des dégâts causés la semaine dernière par l'ouragan Irma.

La CGT a déjà appelé à une autre mobilisation, le jeudi 21 septembre, à la veille de la présentation du projet au conseil des ministres.

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