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Un présentateur conspirationniste de Fox News crée la controverse

Sean Hannity, un présentateur de Fox News, suscite une polémique aux États-Unis. Après avoir relayé une théorie du complot infondée associant la mort d'un employé du Parti démocrate à WikiLeaks, il s'attaque maintenant au « fascisme libéral » d'un organisme qui, selon lui, tente de cacher la vérité et de provoquer son renvoi.

La polémique concerne la mort de Seth Rich, un employé du Comité national du Parti démocrate tué par balles le 10 juillet 2016 à Washington.

Alors que l’enquête officielle a conclu à un vol à main armée qui aurait mal tourné, plusieurs sites et médias conservateurs ont laissé entendre dès son décès qu'il s’agissait plutôt d'un assassinat politique.

Selon cette théorie, qui n'est soutenue par aucune preuve, Seth Rich aurait fourni à WikiLeaks, la plateforme de publication de documents secrets associée à Julian Assange, des courriels internes du Comité national du Parti démocrate. Ce serait la découverte de cette fuite d’informations qui aurait ensuite mené à son assassinat.

Genèse d’une controverse

Le 16 mai dernier, Fox News diffusait un reportage accréditant cette théorie complotiste, mais mardi, la chaîne a annoncé le retrait de la vidéo de son site internet.

Selon un communiqué, le reportage n'avait pas été soumis à « l'examen éditorial le plus exigeant » et ne respectait pas les « standards » de Fox News en matière d'information.

Le même jour, lors de son émission quotidienne, Sean Hannity s’est engagé à ne plus mentionner l’affaire Seth Rich jusqu’à nouvel ordre, à la demande de la famille de ce dernier, sans toutefois se rétracter ni s’excuser.

Selon les parents de Seth Rich, qui se sont exprimés mardi dans une tribune du Washington Post, « ces théories, que certains reporters ont depuis rétractées, sont infondées et effroyablement cruelles ».

Malgré le retrait de ce reportage du site de Fox News, Sean Hannity a continué à soutenir la thèse de l'assassinat politique par le biais de plusieurs tweets.

Dans ses gazouillis, Sean Hannity estime notamment être « plus près de la vérité que jamais » et que le Congrès devrait enquêter dans l’affaire Seth Rich. Il ajoute que plusieurs annonceurs lui ont assuré avoir reçu des courriels leur demandant de ne plus acheter d’espaces publicitaires dans son émission quotidienne.

« C'est le fascisme libéral façon [George] Soros / [Hillary] Clinton / [David] Brock », a tweeté mercredi le présentateur de 55 ans, en référence à l'investisseur milliardaire, à l'ancienne candidate démocrate à la présidence et au fondateur de l'organisation Media Matters in America.

D’un complot à l’autre

Pour Sean Hannity, Media Matters, instance de veille médiatique identifiée à gauche, « vise tous [ses] annonceurs pour essayer de [le] réduire au silence ».

Le présentateur, qui travaille pour Fox News depuis 1996, compare d’ailleurs sa situation à celle de Bill O'Reilly, qui s’est fait congédier de la chaîne le 19 avril dernier après avoir été l'objet d'une série d'accusations de harcèlement sexuel.

« [Media Matters] essaie de me faire renvoyer. Rush [Limbaugh], [Bill] O’Reilly, [Glenn] Beck, [Don] Imus et maintenant moi », a tweeté mercredi Sean Hannity, jumelant ses gazouillis à une série d’articles traitant de Media Matters et de sa supposée campagne visant à pousser les annonceurs à se désister de Fox News.

Media Matters nie vouloir faire pression sur les annonceurs de l’émission de Sean Hannity pour qu'ils le larguent, précisant que l'organisme a « seulement publié une liste des entreprises qui s'annoncent avec lui ».

Durant les semaines qui avaient précédé le départ de Bill O’Reilly, beaucoup d'annonceurs de son émission s'étaient désengagés, un scénario semblable à celui que vit Sean Hannity.

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