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Un quatrième mandat à la portée d’Angela Merkel

Après les Hollandais, les Anglais et les Français, ce sera au tour des Allemands de renouveler leur Parlement dans trois mois. Selon les derniers sondages, Angela Merkel aurait une avance de 14 points devant son plus proche rival, le social-démocrate Martin Schulz.

Un texte de Ginette Lamarche, à Désautels le dimancheLa chancelière ne rate pas une occasion de prendre la défense de l’Europe et des intérêts allemands. Au lendemain de la décevante rencontre entre les dirigeants européens et Donald Trump, Angela Merkel monte au créneau.

Son leadership est applaudi en Europe et a un effet rassurant sur une majorité d’Allemands très attachés à l’Union européenne. Et pour cause : l’Allemagne doit la robustesse de son économie surtout à l’Europe. À quelques mois des législatives, trois enjeux cruciaux préoccupent les Allemands, résume Cécile Calla, rédactrice en chef du magazine franco-allemand Paris Berlin.

« Les Allemands ont à cœur la construction européenne, dit-elle. C’est leur première préoccupation, suivie de près par le terrorisme et la montée des partis populistes qui concerne le monde occidental avec l’élection de Donald Trump en novembre dernier. »

Le choc de l'extrême droite

La décision d’Angela Merkel d’accueillir plus d’un million de réfugiés a donné du souffle au mouvement d’extrême droite Pegida. Les grands rassemblements de ce groupe nationaliste anti-immigrants ont ébranlé bon nombre d’Allemands. À cela s’ajoute la percée du parti d’extrême droite l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) aux dernières élections régionales.

La renaissance de l’extrême droite a été ressentie comme un choc pour plusieurs, explique Philippe Joly de l’Université Humbold de Berlin.

« Ce qui inquiète ici, c’est que l’AfD se présente comme un parti modéré bien différent du Parti nazi, explique ce doctorant qui étudie la montée de l’extrême droite. Or son programme est nationaliste et anti-immigrants, des sujets considérés tabous ici en Allemagne. »

Les Allemands insatisfaits de la politique néo-libérale d’Angela Merkel et inquiets de la percée de l’extrême droite se tourneront sans doute vers le Parti social-démocrate, le SPD.

Statu quo

L’arrivée de l’ex-président de l’Union européenne à la tête du Parti social-démocrate lui a donné un nouvel élan. Martin Schulz veut attirer la jeunesse, redonner espoir à ces gagne-petit qui se sont sentis abandonnés par Angela Merkel. Selon ces électeurs déçus, Angela Merkel a favorisé les grands capitaux au détriment des petits salariés.

C’est dommage que les sociaux-démocrates n’aient pas su tirer profit des retombées de leur participation à la coalition sortante avec les chrétiens-démocrates, avance Cécile Calla. Les progrès sociaux des dernières années, c’est le fruit de leur travail au Parlement.

« L’instauration du salaire minimum et des allocations parentales, c’était des propositions du SPD. Le virage d’Angela Merkel pour mettre fin à l’énergie nucléaire venait aussi du SPD », poursuit-elle.

Contrairement à la France, le paysage politique allemand devrait peu changer en septembre prochain. L’entrée au Bundestag de l’Alternative pour l’Allemagne pourrait être la seule nouveauté de ces législatives.Malgré tous ses efforts, Martin Schulz n’arrive pas à s’imposer face à la première femme chancelière au pouvoir depuis 12 ans.

Après avoir rassemblé les Allemands, elle pourrait en recréant l’axe franco-allemand donner une nouvelle impulsion à cette Europe en panne. Si la tendance se maintient, celle que les Allemands appellent affectueusement « mutter » (maman, en allemand) se hissera au rang des figures emblématiques de l’Allemagne comme Konrad Adenauer et Helmut Kohl, décédé la semaine dernière.

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