Retour

Un rassemblement antiraciste supplante celui de la droite à Boston

Une semaine après les affrontements de Charlottesville, quelques dizaines de milliers de manifestants antiracistes ont pris d'assaut les rues de Boston, samedi, éclipsant un autre rassemblement plus modeste de militants de la droite.

Aux alentours de midi, des milliers de manifestants antiracisme et antifascisme ont descendu la rue en direction du Boston Common, un vaste jardin public, en guise de contre-manifestation à celle organisée par des conservateurs proches de l’extrême droite. Ils étaient « probablement autour de 40 000 », selon le chef de police William Evans.

Enterrés par les slogans de la foule, les dizaines de militants conservateurs ont dû renoncer à prononcer leur discours et mettre fin à l'événement. D'abord confinés par la police, ils ont par la suite été escortés en-dehors du parc.

Ces activistes d'extrême droite, qui s'étaient drapés dans « la liberté d’expression », s’étaient donné rendez-vous au centre de la ville.

Les organisateurs de la manifestation avaient tenu à se distancier des néonazis, des suprémacistes blancs et des autres miltants de l'extrême droite qui avaient fomenté la violence à Charlottesville, précisant qu'ils n'offriraient pas leur plateforme « au racisme et au sectarisme » et qu'ils dénonçaient la violence et le suprémacisme.

« Je pense qu'ils y réfléchiront à deux fois avant de venir ici », a déclaré Owen Toney, un activiste de 58 ans dans les rangs des antiracistes.« Il est temps de faire quelque chose », a lancé de son côté Katie Zipps, une manifestante antifasciste venue de Malden, au nord de Boston. « On est là pour grossir le nombre de ceux qui résistent ».

Le président Donald Trump a réagi à la manifestation de Boston sur un ton plutôt conciliant: « Je veux saluer les nombreux manifestants de Boston qui s'expriment contre l'intolérance et la haine. Notre pays sera bientôt rassemblé! »

Le scénario de Charlottesville évité

Alors que la manifestation prenait fin, des contre-manifestants s'en sont pris aux forces de l'ordre, leur jetant des bouteilles en plastique, certaines remplies d'urine, et des pierres. La police a procédé à l'arrestation de 33 personnes, a indiqué le commissaire Evans.

La police a toutefois réussi à maintenir les deux camps séparés. Malgré certains accrochages, aucun blessé grave n'a été signalé, ont rapporté les autorités. « Il y a eu quelques confrontations, a déclaré M. Evans. Mais 99,9 % des personnes présentes étaient là pour les bonnes raisons. »

Afin d’éviter les dérapages et les violences, les autorités avaient déployé 500 agents, tant infiltrés qu’en uniforme.

Les autorités avaient également fermé l'accès à plusieurs artères de la ville et interdit les armes de toute nature, y compris les bâtons destinés à porter des pancartes.

Le maire démocrate, Marty Walsh, et le gouverneur républicain du Massachusetts, Charlie Baker, avaient tous deux prévenu qu'ils ne toléreraient aucune agitation extrémiste à Boston, perçu comme le berceau de la liberté aux États-Unis.

Des événements similaires se sont déroulés ailleurs au pays, notamment à Atlanta, à La Nouvelles-Orléans et à Houston, où le mouvement « Black Lives Matter » a appelé au retrait d'un monument confédéré dans un parc.

Retrait d'une statue sudiste

Pendant ce temps, en Caroline du Nord, l'Université de Duke a retiré une statue du général confédéré Robert E. Lee, qui se trouvait devant la chapelle du campus, a annoncé le président de l'université.Vincent E. Price. La statue avait été vandalisée dans la nuit de mercredi à jeudi.

La décision du retrait a été prise après concertation entre les étudiants, la direction, le personnel et les anciens de l'université pour garantir la sécurité des étudiants et des membres de la communauté qui fréquentent la chapelle de Duke, a indiqué M. Price.

Le monument confédéré sera conservé en tant qu'objet éducatif pour rappeler aux étudiants le « passé complexe de Duke », a-t-il ajouté.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un avion s'écrase dans un arbre





Rabais de la semaine