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Un risque payant : les trottoirs chauffants de Holland, Michigan

Imaginez-vous vous promener au centre-ville en pleine tempête de neige sur des trottoirs où la neige ne s'accumule pas. Imaginez : pas de gadoue, pas de sel qui décolore vos bottes! C'est la réalité que vivent les 34 000 résidents de Holland, au Michigan.

Une texte de Philippe Leblanc

La municipalité a fait le pari audacieux de se doter de trottoirs chauffants en 1988.

« C'est l'idée d'un généreux philanthrope, Ef Prince », explique la mairesse Nancy DeBoer.

« Il avait vu ça lors d'une visite en Europe et il est venu expliquer le projet au conseil municipal, qui n'en était pas convaincu, poursuit-elle. Mais son don de 250 000 $ a vraiment convaincu les membres du conseil ».

La Ville de Holland a profité de travaux déjà prévus sur la West 8th street, à l’été 1988, pour installer un réseau de tubes de la taille de boyaux d'arrosage sous les trottoirs.

L’eau qui y circule, puisée dans la rivière Macatawa, est réchauffée grâce à l'énergie de la centrale au charbon, non loin, qui l’utilise pour son système de refroidissement.

La température des trottoirs est ainsi maintenue à 5 degrés Celsius.

Le réseau passe aussi sous certaines portions de rues, ce qui a nécessité, dans ces cas, le recours à un asphalte différent.

« Nous avons besoin d'asphalte différent qui absorbe l'eau, explique le directeur des travaux publics de Holland, Dave Koster. Normalement, on évite à tout prix ce type d'asphalte, car c'est lorsque l'eau s'infiltre dans le sol et gèle qu'on finit par créer des nids de poule. Mais en s'infiltrant dans le sol et en étant réchauffée par notre système, l'eau aide à réchauffer le sol ».

Facture refilée aux commerçants

La petite ville de 34 000 habitants n'a pas un impressionnant budget pour ce système, appelé Snow Melt.

Elle a prolongé le réseau en cinq étapes, profitant chaque fois travaux de canalisation ou d'asphaltage prévus.

Le réseau fait maintenant près de 8 kilomètres et, pour la première fois, l'été passé, la technologie a été installée sous les trottoirs d'une rue résidentielle.

Alors qui paie le Snow Melt? Les 80 commerçants du centre-ville.

En plus de leurs taxes municipales et de celle, spéciale, pour payer le stationnement gratuit (oui, le stationnement est offert gratuitement partout au centre-ville), les commerçants doivent aussi assumer les coûts d'entretien du réseau de trottoirs chauffants.

La facture varie en fonction de la longueur du trottoir situé en bordure du commerce, soit quelques centaines de dollars pour la plupart des propriétaires de commerces.

« Je préférerais ne pas avoir à payer tous ces frais, affirme Cathy Tubbergen du magasin de chaussures Borr's. Mais les gens des villes environnantes viennent magasiner ici, et mon magasin est beaucoup plus propre, car il n'y a pas d'épandage de sel ».

À Holland, on aime croire que les trottoirs chauffants ont permis de sauver le commerce au centre-ville dans les années 80, au moment où la mode était plutôt à la construction de nouveaux centres commerciaux géants.

« Disons simplement qu'il n'y a pas de local à louer ou à vendre au centre-ville, lance la coordonnatrice du développement économique pour Holland, Amy Sasamoto. C'est tout le contraire dans la plupart des villes autour d'ici ».

D'ici quelques mois, la vieille centrale au charbon de la ville sera remplacée par une centrale au gaz plus puissante.

Le réseau de trottoirs chauffants pourrait encore prendre de l'expansion dans les prochaines années.

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