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Un soldat israélien condamné à 18 mois de prison pour homicide

Le soldat israélien Elor Azaria, qui a abattu par balle un Palestinien blessé en Cisjordanie en mars dernier, a été condamné à 18 mois de prison.

Le soldat, un conscrit qui possède la double nationalité franco-israélienne, avait tiré une balle dans la tête d'un Palestinien qui gisait au sol, et qui était apparemment hors d'état de nuire après avoir attaqué au couteau des militaires israéliens.

L'acte du soldat, alors âgé de 19 ans, avait été filmé par un témoin de la scène. La vidéo avait ensuite embrasé les réseaux sociaux.

Le procureur du tribunal militaire réclamait de 3 à 5 ans. La peine est toutefois plus lourde que ce que réclamaient les politiciens et les militants de droite. Ces derniers estiment que le soldat Azaria ne devrait pas passer une journée en prison.

Juge en chef du trio de magistrats ayant entendu la cause d’Azaria, la colonelle Maya Heller a souligné comme circonstance atténuante le fait que le drame s’est produit « en zone hostile » et qu’il s’agissait de la première réelle expérience du condamné au sein d’une force opérationnelle.

« Nous avons tenu compte des souffrances endurées par sa famille », a poursuivi la colonelle Heller.

Elle a toutefois souligné l’absence de remords du soldat Azaria pour ses actions. La juge a également indiqué qu’il n’avait pas ouvert le feu en légitime défense, mais bien dans le but de causer du tort à l’agresseur.

L’affaire a divisé les Israéliens au cours de l'année qu'a duré la saga judiciaire, mais une majorité de citoyens voulaient qu’il soit relâché immédiatement.

Le soutien populaire en faveur d’Azaria s’inscrit dans un mouvement de sympathie pour les soldats, puisque pratiquement toutes les familles israéliennes ont au moins un de leur membre qui sert dans l’armée ou y a déjà servi.

Outre la peine de prison, Azaria sera soumis à une année de probation à sa sortie de prison en plus d’être déchu de son grade de sergent.

La condamnation constitue une victoire pour l’état-major de l’armée israélienne qui avait condamné le geste d’Azaria comme un manquement au code d’éthique de l’armée.

Le condamné bénéficiait toutefois du soutien d'une majorité de la population israélienne qui le voyait comme un bouc émissaire pour les ratées d’une classe dirigeante. Les partisans d’Azaria estiment que le soldat a répliqué à la menace d’un agresseur armé essayant de tuer d’autres soldats.

Des centaines de militants de droite ont d’ailleurs tenu une manifestation devant le tribunal militaire afin de réclamer la libération immédiate du soldat.

Le tribunal en a toutefois jugé autrement, soulignant que la conduite du soldat avait entaché la réputation de l’armée.

« Eloz Azaria a porté atteinte à des valeurs qu’Israël doit défendre pour renforcer la résilience de la société et notamment de son armée, mentionne le jugement. La valeur essentielle est la sainteté de la vie même lorsqu’il s’agit d’un terroriste qui vient de passer à l’action. »

Elor Azaria risquait une peine de 20 ans d'emprisonnement pour l'homicide involontaire du Palestinien. La poursuite avait préféré cette accusation à celle d'assassinat.

Dans la foulée de la condamnation du soldat Azaria, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a souhaité que le soldat bénéficie d'une grâce présidentielle.

Les juges envoient « un signal dangereux indiquant que les auteurs d'actes graves contre les Palestiniens sont protégés par le système », a déploré l’ONG Amnesty International.

De leur côté, les Palestiniens, qui ont suivi le procès à distance sans aucune attente, soutiennent qu’Abdel Fattah Al-Sharif n’est qu’un Palestinien de plus tombé sous les balles de l’armée d’occupation. Ils estiment que le soldat israélien n’aurait jamais été inquiété si l’exécution du Palestinien n’avait pas été filmée.

« Est-ce que c'était un animal pour qu'on le tue de la sorte, de cette manière barbare. Ce n'était pas un animal. C'était un être humain, tout comme » Elor Azaria, a déclaré le père du Palestinien, Yousri al-Sharif, à l’AFP.

Plusieurs internautes palestiniens, comme Nour Odeh, ont souligné qu’Israël punissait plus sévèrement les jeunes lanceurs de pierres palestiniens que le soldat Azaria.

Infirmier militaire, Azaria a abattu le Palestinien Abdel Fattah al-Sharif qui gisait au sol, blessé et désarmé, après avoir poignardé un soldat israélien dans la ville d’Hébron.

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