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Un vent d'opposition aux réfugiés syriens se lève aux États-Unis

Les États-Unis ont confirmé lundi qu'ils prévoyaient toujours d'accueillir 10 000 réfugiés syriens dans l'année à venir, malgré les appels à renoncer à cette idée lancés par plusieurs personnalités politiques à la suite des attentats islamistes de Paris.

Auparavant, sept États - le Texas, la Louisiane, l'Alabama, le Michigan, l'Arkansas, l'Indiana et le Mississippi - avaient annoncé qu'ils refuseraient d'accueillir des réfugiés syriens sur leur territoire après ces attentats qui ont fait 129 morts et plus de 350 blessés.

« Ces réfugiés [syriens] font l'objet des contrôles de sécurité les plus sévères qui puissent viser une personne qui cherche à entrer aux États-Unis », leur a répondu le porte-parole du département d'État, Mark Toner. « Nous pensons que nous pouvons agir ainsi en toute sécurité et en accord avec nos valeurs. »

Mais dans une lettre ouverte adressée dans la journée à Barack Obama, le gouverneur républicain du Texas, Greg Abbott, prévient que « le Texas ne peut pas participer à un programme qui aboutirait à la relocalisation au Texas de réfugiés syriens dont n'importe lequel d'entre eux pourrait être lié au terrorisme ».

Le président de la commission de la Chambre des représentants chargée de la sécurité intérieure, Michael McCaul, a écrit lui aussi à Obama pour lui demander de suspendre son projet d'accueil des réfugiés syriens, rapporte la chaîne de télévision Fox News. Selon lui, les services de sécurité n'ont pas les moyens de s'assurer qu'un terroriste en puissance ne se glissera pas parmi ces réfugiés.

Un passeport syrien a été retrouvé à côté du corps d'un des kamikazes qui a péri vendredi soir près du Stade de France, au nord de Paris. Le détenteur de ce passeport avait été enregistré comme réfugié le mois dernier dans plusieurs pays européens.

Diffusé lundi, un sondage Reuters/Ipsos sur la perception de la menace djihadiste par l'opinion américaine indique que 52 % des personnes interrogées jugent que les pays accueillant des réfugiés syriens sont « moins sûrs ». Ils sont 41 % à estimer que ces pays ne devraient plus accepter de réfugiés syriens sur leur sol contre 40 % d'un avis contraire.

Projet de moratoire

Face à la crise migratoire en Europe, Obama a demandé en septembre à son administration de préparer l'accueil d'au moins 10 000 réfugiés syriens supplémentaires l'année prochaine. Son secrétaire d'État, John Kerry, a évoqué par la suite des objectifs plus ambitieux de 15 000 en 2016 et autant en 2017.

Les gouverneurs des sept États qui refusent les réfugiés syriens sont tous républicains; l'un d'eux, Bobby Jindal, gouverneur de Louisiane, brigue l'investiture de son parti en vue de l'élection présidentielle de novembre 2016.

Également candidat républicain dans la course à la Maison-Blanche, le sénateur Rand Paul a annoncé qu'il allait présenter un projet de loi en vue de décréter un moratoire immédiat sur la délivrance de visas aux réfugiés qui fuient les groupes extrémistes.

Cette mesure, a-t-il ajouté, concernerait les personnes arrivant d'une trentaine de pays où opèrent des djihadistes.

Pour les demandeurs d'asile originaires de pays avec lesquels les États-Unis ont des accords les dispensant de visas, un délai d'attente serait instauré.

Un autre candidat à la primaire républicaine, Ben Carson, a estimé, lui, que le Congrès devait suspendre le financement de tous les programmes liés à l'accueil de réfugiés syriens.

Plusieurs autres candidats, dont Jeb Bush et Donald Trump, ont parallèlement réclamé lundi une intensification de l'engagement militaire américain contre les djihadistes du groupe armé État islamique (EI) en Syrie et en Irak. Ils se gardent toutefois de prôner le déploiement d'importantes forces de combat américaines au sol pour affronter les islamistes.

Des juristes américains estiment qu'un gouverneur n'a pas nécessairement le pouvoir de s'opposer à l'admission de réfugiés sur le territoire de son État.

« En matière d'immigration, le pouvoir est dévolu au gouvernement fédéral », relève Deborah Anker, qui enseigne le droit à la Harvard Law School. « Les gens ne se rendront pas à la frontière d'un État en particulier. C'est le gouvernement fédéral qui les acheminera », ajoute cette spécialiste des questions d'immigration.

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