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Une « alchimie positive » s'est créée entre Trump et Poutine, selon Rex Tillerson

Dénouement inespéré de la rencontre entre les présidents Trump et Poutine vendredi : les autorités des deux pays se sont entendues sur l'instauration d'un cessez-le-feu dans le sud-ouest de la Syrie et ce, dès dimanche, selon le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov.

Des trente minutes prévues initialement, ce sont finalement deux heures et demie qu'ont pris les présidentsTrump et Poutine pour leur première rencontre de travail à Hambourg vendredi, en marge du Sommet du G20.

Rencontre au terme de laquelle le chef de la diplomatie russe, Sergei Lavrov, a annoncé que les deux chefs d'État avaient convenu d'un cessez-le-feu en Syrie.

« Aujourd'hui, dans la capitale jordanienne, Amman, des experts russes, américains et jordaniens [...] se sont mis d'accord sur un memorandum sur la création d'une zone de désescalade » dans les régions de Deraa, Qouneitra et Soueida, a indiqué Sergueï Lavrov.

Selon le Secrétaire d'État américain Rex Tillerson, « une alchimie positive » s'est manifestée entre MM. Trump et Poutine.

Plus tôt dans la journée, Vladimir Poutine et Donald Trump étaient brièvement apparus devant la presse avant d'entreprendre, à huis clos, une conversation qui donne lieu à de multiples expectatives.

Il s'agissait de leur toute première rencontre. « C'est un honneur d'être avec vous », a déclaré Donald Trump. « Je suis ravi de vous rencontrer », a ajouté Vladimir Poutine.

Cet entretien a pour trame de fond de nombreuses manifestations face auxquelles la police de Hambourg s'est retrouvée si débordée qu'elle a demandé du renfort à des collègues d'ailleurs au pays.

À l'ouverture du Sommet du G20, en matinée, Donald Trump et Vladimir Poutine avaient échangé une toute première poignée de main et des sourires.

Avant d’entamer la discussion, le président Poutine a affirmé en russe à Donald Trump : « Nous avons absolument besoin d’avoir des rencontres en personne ».

Le président russe a ajouté : « Si nous voulons résoudre de graves questions bilatérales et internationales, nous avons absolument besoin de nous rencontrer. Je suis ravi de vous voir en personne, M. Trump, et j’espère, comme vous l’avez dit, que notre rencontre produira des résultats positifs. »

Donald Trump a déclaré que son homologue russe et lui avaient « hâte de voir de très bonnes choses se produire pour la Russie, pour les États-Unis et pour tous les gens concernés ».

Deux têtes fortes sur l'échiquier mondial

Sergeï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, et Rex Tillerson, secrétaire d'État américain, assistaient à la rencontre de leurs présidents. M. Tillerson connaît bien la Russie, car il y a fait des affaires du temps où il était PDG du géant pétrolier et gazier ExxonMobil. De plus, il connaît bien Vladimir Poutine qui lui a même remis la médaille de l’ordre de l’Amitié en 2013.

Donald Trump ne possède guère d'expérience sur la scène politique internationale, ce qui est tout à l'opposé de Vladimir Poutine, dont le premier mandat à la présidence avait débuté en mars 2000 et qui envisage de se représenter l'an prochain.

Chacun veut redonner à son pays sa grandeur passée. L'un est un magnat de l'immobilier et ex-vedette de la téléréalité, l'autre s'est forgé à la dure discipline du KGB. Comment réussiront-ils à tisser des liens? La question reste ouverte, d'autant plus que les tensions entre leurs pays respectifs ne manquent pas.

La Syrie, l'Ukraine et l'élection présidentielle américaine

La rencontre de travail tant attendue survient à un moment de tensions entre ces deux superpuissances nucléaires. En effet, le rôle de plus en plus prépondérant joué par Washington en Syrie a de quoi irriter Moscou.

Le Kremlin, de son côté, cause moult préoccupations avec le soutien qu'il apporte aux forces rebelles en Ukraine et ses frictions grandissantes avec l'OTAN.

Il y aussi la question des sanctions imposées à la Russie par Washington après que Moscou eut annexé la Crimée, à l'hiver 2014. À noter que le Canada a, lui aussi, infligé des sanctions à la Russie.

Et c'est sans oublier la présumée interférence qu'aurait eue Moscou dans l'élection présidentielle américaine en 2016 : durant la brève apparition des deux chefs d'État devant la presse à Hambourg vendredi, de nombreux journalistes ont demandé à Donald Trump s'il allait aborder ce sujet avec M. Poutine.

Le président américain n'a pas répondu aux reporters et, se penchant en direction du président russe, il a dit quelque chose qui a fait rire M. Poutine.

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