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Une famille canado-américaine arrive au Canada, après 5 ans de captivité

Le Canadien Joshua Boyle, sa femme américaine Caitlan Coleman et leurs trois enfants qui ont passé plusieurs années entre les mains d'un groupe lié aux talibans sont arrivés au Canada, vendredi soir.

À bord de l'avion qui l'amenait de Londres à Toronto, M. Boyle a déclaré que lui et sa famille avaient fait preuve « d'une résilience sans précédent au cours de leur captivité ».

Le couple avait été kidnappé il y a cinq ans, lors d'un voyage en Afghanistan, et a eu trois enfants pendant sa captivité. Mme Coleman était déjà enceinte au moment de l'enlèvement.

Le couple et ses enfants étaient détenus par le réseau Haqqani, lié aux talibans.

Les parents de M. Boyle, qui habitent la ville ontarienne de Smiths Falls, avaient indiqué jeudi soir que leur fils et sa famille avaient l'intention de venir au Canada. Patrick Boyle avait dit que la famille était en sécurité, « mais épuisée ».

Les parents de Mme Coleman ont quant à eux affiché une déclaration sur la porte de leur maison en Pennsylvanie, écrivant qu'ils appréciaient « tout l'intérêt et les préoccupations exprimées après l'heureuse nouvelle voulant que Caity, Josh et nos petits-enfants aient été libérés après cinq longues années de captivité ».

Comme dans un film d'Hollywood

Selon le plus haut représentant du Pakistan au Canada, Tariq Azim Khan, l'armée pakistanaise a pris connaissance de l'endroit où se trouvait la famille grâce à des informations des services secrets américains, et a agi rapidement par la suite.

Le haut-commissaire a décrit une scène dramatique avec des échanges de coups de feu, pendant que la famille était transportée dans le coffre d'une fourgonnette par ses ravisseurs. La confrontation entre le commando militaire et les ravisseurs aurait eu lieu sur une route près de Nawa Kili, dans la région de Kohat, au nord-ouest du Pakistan.

M. Boyle aurait été blessé par des éclats de métal. Il a décrit à ses parents une fusillade qui a coûté la vie à plusieurs de leurs ravisseurs.

Selon un porte-parole de l’armée pakistanaise, le major-général Asif Ghafoor, les forces pakistanaises ont tiré dans les pneus de la voiture qui transportait la famille Boyle.

M. Ghafoor a expliqué à l’Agence France-Presse que les ravisseurs « ont pris la fuite à pied » et que les militaires n’avaient pas voulu tirer afin de ne pas blesser les otages.

« C’était l’une des pires journées de sa vie », explique le père de Joshua Boyle, Patrick Boyle.

La famille a vécu des moments angoissants et a été chanceuse de s’en tirer, selon Patrick Boyle.

« [Caitlan] a eu les mots justes dans sa dernière vidéo publiée la semaine dernière. Elle disait : ''Si nous nous en tirons tous les cinq vivants, ce sera un miracle.'' Alors oui, c’est un miracle! »

Les États-Unis avaient prévu rapatrier la famille depuis le Pakistan dans un avion américain, mais à la dernière minute, Joshua Boyle a refusé de monter à bord, car l'avion se rendait à la base aérienne de Bagram, a indiqué à l'Associated Press un responsable de la sécurité nationale américaine sous le couvert de l'anonymat.

Un autre responsable américain a déclaré que M. Boyle était nerveux à l'idée d'être mis en « détention », compte tenu de ses antécédents. L'homme était marié auparavant à l'une des soeurs d'Omar Khadr, ce citoyen canadien qui a été emprisonné pendant 10 ans au camp militaire américain de Guantanamo après avoir été capturé en 2002, lors d'un échange de tirs à proximité d'un camp d'Al-Qaïda, en Afghanistan.

Les responsables ont écarté tout lien entre ce passé et la capture de M. Boyle. Un responsable a dit qu'il s'agissait d'une « horrible coïncidence ».

Le retour à la réalité

Si les retrouvailles entre les ex-otages et leur famille s’annoncent heureuses, certains s’attendent toutefois à ce que le retour à la réalité soit ardu.

« Je crois qu’ils vont vivre des moments difficiles », dit la mère de Joshua Boyle, Linda Boyle.

« Je ne crois pas qu’ils en sont conscients, dit-elle. Ils sont restés unis tout ce temps pour le bien des enfants. Ils croient pouvoir continuer ainsi, mais ça risque de les rattraper. Ils vont certainement frapper un mur à un moment donné. Nous serons là pour eux. »

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