Retour

Une famille canado-américaine, otage des talibans, libérée après 5 ans

Après avoir été détenus pendant cinq ans par un groupe lié aux talibans, le Canadien Joshua Boyle, son épouse Caitlan Coleman et leurs trois enfants ont finalement recouvré leur liberté, sains et saufs.

Dans un communiqué publié jeudi, l'armée pakistanaise s'était contentée de dire qu'elle avait « récupéré cinq otages occidentaux », sans les nommer, mais le père de Joshua Boyle a confirmé leur identité à CBC.

« Nous avons appris la merveilleuse nouvelle que notre famille a été sauvée, et 20 minutes après, on a pu parler à Josh, se réjouit la mère de l'ex-otage, Linda Boyle, au quotidien Toronto Star. C'était la première fois qu'on entendait sa voix en cinq ans. »

Le père de Joshua Boyle, Patrick, a tenu à exprimer « ses plus vifs remerciements » aux gouvernements américain, canadien et afghan, mais aussi aux « soldats pakistanais qui ont risqué leur vie pour sauver cinq des nôtres ».

Enlevés durant un voyage en Afghanistan

Joshua Boyle et Caitlan Coleman faisaient du tourisme en Asie centrale à l'automne 2012 lorsqu'ils ont été kidnappés dans une région montagneuse située à une quarantaine de kilomètres de Kaboul, en Afghanistan.

La date précise de leur enlèvement n'est pas connue, mais M. Boyle avait informé sa belle-famille le 8 octobre 2012 que sa femme et lui se trouvaient dans une région « non sécuritaire » de l'Afghanistan.

Mme Coleman, une citoyenne américaine, était enceinte lorsqu'elle a été capturée. L'an dernier, ses parents ont reçu une lettre dans laquelle elle disait avoir donné naissance, en captivité, à deux garçons.

Son beau-père, Patrick Boyle, a confirmé à CBC qu'elle a aussi accouché d'une fille il y a deux mois.

« Les agences de renseignement américaines pistaient [les otages] et ont communiqué leur passage au Pakistan le 11 octobre 2017 », via une région située près de la frontière afghane, a indiqué l'armée pakistanaise.

« L'opération des forces pakistanaises, basée sur des renseignements des autorités américaines, a été couronnée de succès. Tous les otages ont été libérés sains et saufs et sont en train d'être rapatriés dans leur pays d'origine », poursuit l'armée.

On ne sait toutefois pas où se trouvent exactement le couple et ses enfants à l'heure actuelle.

Boyle refuse de monter à bord d'un avion américain

Les États-Unis avaient prévu rapatrier la famille depuis le Pakistan dans un avion américain, mais M. Boyle a refusé de monter à bord à la dernière minute, a indiqué à l'Associated Press un responsable de la sécurité nationale américaine sous le couvert de l'anonymat.

Un autre responsable américain a déclaré que M. Boyle était nerveux à l'idée d'être mis en « détention », compte tenu de ses antécédents.

Joshua Boyle a déjà été marié à la sœur d'Omar Khadr, ce citoyen canadien qui a été emprisonné pendant 10 ans au camp militaire américain de Guantanamo après avoir été capturé en 2002 lors d'un échange de tirs à proximité d'un camp d'Al-Qaïda, en Afghanistan.

Les autorités américaines ont cependant écarté tout lien entre ce passé et la capture de M. Boyle. Un responsable avait plutôt évoqué une « horrible coïncidence » en commentant leur histoire il y a trois ans.

M. Boyle et Mme Coleman ont déclaré aux autorités américaines qu'ils voulaient prendre un vol commercial à destination du Canada, selon le responsable, qui s'est également exprimé sous couvert d'anonymat, parce qu'il n'était pas autorisé à discuter publiquement de la situation.

Washington et Ottawa se veulent rassurants

« Nous avons pris des mesures pour les ramener aux États-Unis, au Canada, ou à l'endroit où ils désirent se rendre, a toutefois répondu John Kelly, le chef de cabinet à la Maison-Blanche, en point de presse jeudi après-midi. Des soins médicaux, mais surtout psychologiques seront fournis. Ils ont essentiellement vécu dans un trou pendant cinq ans. C’est le genre de personnes à qui nous avons affaire. »

Pour sa part, la ministre des Affaires étrangères du Canada, Chrystia Freeland, a rappelé par la suite que Joshua Boyle ne fait l'objet d'aucune enquête.

« Notre priorité est la sécurité de la famille », qui a vécu « une expérience traumatisante », a-t-elle dit, sans pouvoir décrire les circonstances du sauvetage.

« Aucune rançon n'a été payée [pour la famille Boyle], a précisé Mme Freeland. Nous croyons que de payer des rançons mettrait en danger les Canadiens. »

Le département d'État a aussi été avare de détails jeudi après-midi quant à la façon dont se sont déroulés les récents événements.

Vers de meilleures relations entre le Pakistan et les États-Unis?

« C'est un moment positif pour la relation de notre pays avec le Pakistan », a dit le président américain Donald Trump plus tôt jeudi, en commentant la libération de la famille Boyle-Coleman.

Selon lui, cette libération constitue un signe que le gouvernement pakistanais est disposé à assurer une meilleure sécurité dans la région.

Selon CBC, le réseau Haqqani, un groupe lié aux talibans, a longtemps exigé que les États-Unis libèrent le frère de leur chef en échange du couple canado-américain.

Le couple Boyle-Coleman avait été vu en 2013 dans deux vidéos dans lesquelles il demandait aux États-Unis de négocier sa libération. Il était ensuite apparu dans une autre vidéo, avec deux enfants, en décembre 2016.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un tsunami de glace sème la panique!





Rabais de la semaine