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Une majorité d’enfants parmi le flot de réfugiés Rohingyas au Bangladesh

Selon l'UNICEF, plus de la moitié des 400 000 rohingyas birmans qui ont trouvé refuge au Bangladesh sont des enfants qui ont dû affronter de terribles épreuves, entre les attaques de l'armée birmane et les mines antipersonnel.

« Sur 400 000 Rohingyas qui sont entrés en l’espace d’à peu près trois semaines, 60 % sont des enfants, ce qui occupe le plus clair de notre temps », explique Jean-Jacques Simon, directeur des communications de l’UNICEF au Bangladesh.

Qui plus est, les vagues de réfugiés rohingyas qui franchissent la frontière du Bangladesh le font dans le désordre, en empruntant de nombreux points de passage dans des zones difficiles d’accès, ce qui complique encore les efforts des ONG.

« Le plus difficile c’est d’avoir accès à ces enfants, ils sont un peu partout le long de la frontière », souligne Jean-Jacques Simon. « Ce sont des endroits qui sont difficiles d’accès. C’est la saison des pluies ici alors c’est encore plus difficile ».

Un lourd défi pour un pays pauvre et surpeuplé comme le Bangladesh

Le Bangladesh étant déjà un pays très pauvre, l’arrivée de près de 400 000 réfugiés à sa frontière représente un énorme défi pour les autorités et la population qui se mobilise néanmoins pour les accueillir.

Les besoins matériels et logistiques sont si grands que l’UNICEF doit acheter de grandes quantités de matériel à l’extérieur du pays qui ne possède tout simplement pas les ressources pour approvisionner les ONG.

Il faut aussi veiller à acheminer cette aide humanitaire, souligne Jean-Jacques Simon qui explique que l’UNICEF organise actuellement des ponts aériens et routiers pour acheminer nourriture et aide humanitaire jusqu’aux réfugiés rohingyas.

Mines antipersonnel et attaques de l'armée birmane

Pendant ce temps, sur les routes du Myanmar, l’exode des Rohingyas se poursuit avec son lot d’atrocités et de récits éprouvants de massacres, de viols collectifs et de torture attribués à l’armée birmane.

Selon plusieurs réfugiés interrogés par l’Agence France-Presse, l’armée bimane pourchasse et harcèle les populations de Rohingyas, littéralement poussé hors du pays.

Chaque village serait systématiquement brûlé pour les empêcher de revenir. La présence de mines antipersonnel placées sur les routes qui mènent à la frontière du Bangladesh serait un véritable fléau, selon des réfugiés qui arrivent du Myanmar.

Selon des hauts responsables bangladais cités par l’AFP, ces mines ont été placées par les forces birmanes pour empêcher les Rohingyas de retourner dans leurs foyers. De nombreux réfugiés, dont plusieurs enfants et adolescents, ont été tués ou gravement blessés par ces mines.

À l’ONU, le Conseil de sécurité a réclamé mercredi la fin de cette épuration ethnique alors qu’à Naypyidawa, la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix, est vivement critiquée pour son silence sur le sort de la minorité rohingyas.

La militante pour les droits humains qui dirige de facto le gouvernement birman, toujours sous le joug de l’armée, devrait sortir de son silence la semaine prochaine lors d'une allocution télévisée.

La rébellion rohingyas refuse toute aide des groupes terroristes islamistes

Par ailleurs, la rébellion rohingyas qui a pris les armes récemment contre les autorités birmanes, a annoncé qu’elle n’a pas l’intention d’accepter l’aide de groupes terroristes internationaux pour combattre les forces birmanes.

« Nous n'avons aucun lien avec Al-Qaïda, l'État islamique ou tout groupe terroriste international. Et nous ne souhaitons pas que ces groupes s'impliquent dans le conflit en Arakan », a écrit l'Armée du salut des Rohingyas de l'Arakan (ARSA) sur son compte Twitter.

Alors que diverses informations font état d’un appel du mouvement Al-QaÏda pour « soutenir les Rohingyas financièrement et militairement », l’ARSA a rejeté l’offre et même demandé aux pays de la région d’intercepter tout combattant islamiste étranger qui pourrait aggraver la situation au Myanmar.

Les rebelles de l'armée du salut des Rohingyas de l'Arakan ont mené des attaques contre plusieurs dizaines de postes-frontière birmans depuis le 25 août, souvent simplement équipés de machettes et de couteaux.

Selon l'ONG International Crisis Group, l’ARSA serait financée par de riches émigrés rohingyas installés en Arabie saoudite.

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