Retour

Une nouvelle émeute dans une prison brésilienne fait 33 morts

Une nouvelle mutinerie s'est produite vendredi dans une prison brésilienne, faisant 33 morts parmi les détenus, ont annoncé les autorités.

Des responsables de la sécurité cités par le quotidien Estado de Sao Paulo font état de cadavres décapités et de corps brûlés.

Le massacre, qui s'est produit dans le Roraima, l'État le plus au nord du Brésil, pourrait avoir été mené en représailles à des violences qui ont fait 56 morts lundi à la prison Anisio Jobim, à Manaus, dans l'État voisin d'Amazonas.

La mutinerie de vendredi s'est produite à Monte Cristo, dans la plus grande centrale pénitentiaire du Roraima. Les forces d'élite de la police ont fini par ramener le calme. Dans cette même prison, des violences entre bandes rivales de narcotrafiquants avaient fait dix morts au mois d'octobre.

Au total, 93 prisonniers ont été tués dans trois mutineries cette semaine au Brésil. Certains craignent que les prisons, dont un grand nombre sont contrôlées par les cartels de la drogue, ne deviennent hors de contrôle.

En ce qui concerne les événements de vendredi, le responsable de la sûreté pour l'État de Roraima, Uziel de Castro, a attribué le déclenchement des violences à l'organisation mafieuse Premier commando de la capitale (PCC), qui était visée par le massacre de lundi à Manaus.

Pour le ministre brésilien de la Justice, Alexandre Moraes, il s'agit plutôt d'une lutte interne au PCC sans relation avec le massacre de lundi. Le Brésil contrôle ses prisons, a-t-il insisté.

Des gangs éparpillés

Lors des émeutes de lundi, des membres du PCC ont été attaqués par des membres de la Famille du Nord qui contrôle la prison Anisio Jobim, ont indiqué les autorités, selon qui la Famille du Nord dirigerait le trafic de cocaïne en provenance de Colombie et du Pérou dans l'Amazonas.

Ce groupe est allié avec le Comando Vermelho (Commando rouge) basé à Rio de Janeiro, numéro deux de la drogue au Brésil derrière le PCC.

Pendant plus de 20 ans, le PCC et le Comando Vermelho se sont plus ou moins alliés pour que le trafic d'armes et de drogue puisse se poursuivre sans heurts dans la jungle, le long de la frontière.

Mais, il y a environ six mois, les deux groupes se sont séparés, le PCC prenant le dessus pour contrôler les flux en provenance du Paraguay.

Selon certains spécialistes, le PCC voudrait s'infiltrer à Rio de Janeiro, qui est la base du Comando Vermelho et cette guerre des territoires pourrait se poursuivre dans les rues des plus grandes villes du Brésil.

Depuis la séparation, le Comando Vermelho s'est allié avec de petits gangs régionaux pour pouvoir affronter le PCC, surtout dans le nord et le nord-est du Brésil, où se sont déroulées les dernières violences.

Rafael Alcadipani, un expert de la sécurité qui travaille à la fondation Getulio Vargas à Sao Paulo, souligne que comme le système carcéral brésilien était « autorégulé » par les gangs, en raison de la trêve qui était observée, les massacres étaient rares jusqu'à ces derniers mois. Il dit craindre désormais que la situation ne dégénère.

« Le gouvernement ne peut rien faire à court terme pour stopper la violence », estime-t-il. « Nous payons le prix de 50 ans d'incurie du système pénitentiaire ».

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine