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Une pilote afghane fait le tour du monde pour inspirer les jeunes filles

Une pilote afghane de 29 ans est en voie de devenir la plus jeune femme à effectuer un tour du monde aérien, un périple qu'elle a entrepris pour livrer un important message aux jeunes filles de la planète : celui de croire en leurs rêves.

Le message de Shaesta Waiz a pris une signification toute particulière lors de sa neuvième escale, effectuée à Kaboul, dans son pays d’origine. La jeune femme tenait absolument à s’arrêter en Afghanistan, où elle n’avait pas posé les pieds depuis sa naissance.

« Tout au long de mon voyage, je me disais que j’allais venir en Afghanistan, où ma vie a commencé », a-t-elle confié.

Shaesta Waiz est née dans un camp de réfugiés en Afghanistan, d’où elle a fui la guerre pour immigrer aux États-Unis en 1987, avec ses parents et ses cinq sœurs. Elle a grandi dans un quartier défavorisé de Richmond, en Californie. Elle n’avait jamais envisagé la possibilité d’aller à l’université ni d’avoir une carrière avant de découvrir l’aviation.

« Si j’avais grandi en Afghanistan, peut-être que je ne serais pas devenue pilote. Je sais qu’il y a peu d’opportunités pour les femmes en Afghanistan, mais j’espère changer ça », a ajouté la pilote.

Invitée par une chaîne de télévision locale, Shaesta Waiz s’est adressée à la foule de collégiennes venues la rencontrer. Dans sa combinaison bleu marine, coiffée d’un voile noir, vert et rouge, les couleurs du drapeau afghan, la jeune femme a expliqué que son rêve de devenir pilote n’a pas été simple à réaliser, mais que sa persévérance lui a permis de réussir.

« Je veux dire aux femmes du monde entier que nous sommes fortes, nous sommes confiantes, nous sommes intelligentes. J’avais un rêve, je l’ai poursuivi, j’ai travaillé très très fort, mais je ne suis pas différente de vous. C’est important que vous rêviez aussi, et que vous travailliez fort pour vos rêves, c’est mon message pour les jeunes filles », a-t-elle déclaré.

Partie de la Floride le 16 mai dernier, Shaesta Waiz voyage en solitaire à bord d'un aéronef civil Beechcraft Bonanza A36, qui peut voler à une vitesse de 320 kilomètres par heure. Elle a effectué sa première escale à Montréal, le 17 mai.

Le parcours d'une pionnière

Avec son diplôme d'ingénieure en poche, Shaesta Waiz est devenue la première de sa famille à obtenir un baccalauréat et une maîtrise. Elle est également la plus jeune femme afghane à détenir une licence de pilote.

Elle a ainsi fondé l'organisation Dreams Soar, qui cherche à inspirer les jeunes filles à poursuivre une carrière dans le domaine des sciences, de la technologie, de l'ingénierie et des mathématiques.

« C’est un sentiment incroyable d’être le pilote de son propre avion et de voler là où son cœur le veut. C’est une passion que j’apprécie vraiment, que je protège, et je veux que les femmes de l’Afghanistan puissent la vivre aussi », a-t-elle indiqué.

Le gouvernement afghan a profité de la présence de la pilote à Kaboul pour lui remettre le titre honorifique d'ambassadrice de la paix, pour ses efforts pour inspirer la prochaine génération.

Loin de s'asseoir sur ses lauriers, Shaesta Waiz a déjà de nouveaux rêves pour l’avenir. Dans les prochaines années, elle entend revenir en Afghanistan pour y ouvrir une école de pilotage pour permettre aux femmes afghanes de découvrir l’aviation.

« Les femmes ici souffrent beaucoup. Je suis très chanceuse d’avoir eu l’opportunité d’être éduquée, de trouver quelque chose que j’aime, qui est l’aviation, et ça me brise le cœur parce que je sais qu’il y a beaucoup de filles de mon âge qui n’ont pas eu cette chance. Je veux redonner à ces femmes », a-t-elle déclaré.

« Je sais que les femmes, et particulièrement les Afghanes, sont très fortes et peuvent tout faire. Cela ne vaut pas que pour les étrangères, nous pouvons aussi tout faire », ajoute-t-elle.

Shaesta Waiz fera sa prochaine escale en Inde. Elle doit réaliser au total 34 escales dans 18 pays répartis sur 5 continents.

Avec les informations de Sonia Ghezali

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