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Une première rencontre entre Trump et son homologue chinois

Le président américain Donald Trump a accueilli jeudi après-midi son homologue chinois, Xi Jinping, pour une première rencontre centrée sur les relations commerciales et le rôle de Pékin dans la crise de la péninsule coréenne.

Les deux couples ont posé pour des photographies dans le grand salon de la résidence d'hiver du président. Ils ont ensuite pris place autour d'une table dressée pour une trentaine de convives pour un dîner aux chandelles.Avant de passer à table, Donald Trump a déclaré sur un ton léger : « Nous avons déjà eu une longue discussion, et jusqu'à présent je n'ai rien obtenu, absolument rien, mais nous avons développé une amitié, je peux le voir, et je pense qu'à long terme nous allons avoir une très, très bonne relation et je m'en réjouis d'avance. »Les deux dirigeants devraient entrer dans le vif des sujets commerciaux et de défense vendredi, avant de conclure la rencontre par un déjeuner de travail.Sur fond de multiplication des tirs de missile nord-coréens, Donald Trump a laissé entendre qu'il était prêt à régler le problème posé par le gouvernement de Pyongyang si la Chine, son dernier grand allié, ne s'occupait pas de le ramener à la raison.Pendant la campagne présidentielle, Trump a accusé la Chine de « voler » les emplois des Américains, un phénomène auquel il s'est proposé de mettre fin en restaurant la puissance manufacturière américaine.

La Maison-Blanche n'a pas dévoilé le programme détaillé de la rencontre entre les deux dirigeants, mais a précisé que la journée de jeudi devait avant tout leur permettre de faire connaissance dans un cadre moins formel. Une série d'entretiens est prévue vendredi.

Après un début de mandat mouvementé, l'ancien magnat de l'immobilier n'a pas encore précisé les contours de sa stratégie commerciale, fondée selon ces proches sur « le principe de la réciprocité ».Donald Trump s'est entouré de ses ministres pour la visite de Xi Jinping, notamment le secrétaire à la Défense, Jim Mattis, le secrétaire au Trésor, Steve Mnuchin et celui au Commerce, Wilbur Ross.« Alors même que nous partageons le désir de travailler ensemble, les États-Unis reconnaissent les défis que peut poser la Chine pour les intérêts américains », a déclaré le secrétaire d'État, Rex Tillerson, également en Floride pour le sommet.Après l'attaque chimique menée à Khan Cheikhoune, en Syrie, Trump et ses équipes de sécurité nationale font face dans le même temps à une question de politique étrangère toute différente, où ils examinent de possibles options militaires.

« À la maison »Si Donald Trump assure que Mar-a-Lago est l'endroit idéal pour les dirigeants étrangers en visite aux États-Unis, Pékin s'est d'abord montré hésitant à venir en Floride, jugeant le domaine de Palm Beach dépourvu de la signification symbolique de la Maison-Blanche.

« Ils ont finalement été convaincus que ça valait la peine. C'est inhabituel, car la plupart des étrangers réalisent qu'être invité à la résidence privée du président est un honneur », a dit à Reuters un responsable de l'administration Trump.

La maison de style espagnol, construite dans les années 1920 par l'héritière Marjorie Merriweather Post, a été cédée au gouvernement américain après son décès en 1973, pour être utilisée comme lieu de réception et de villégiature présidentiel.

Donald Trump a racheté le domaine en 1985 et en a fait un club privé, où pour une cotisation annuelle de 200 000 dollars, les membres peuvent séjourner à ses côtés.

Aucune apparition publique n'est attendue des deux dirigeants, mais des occasions de parler à la presse ont été ménagées dans l'emploi du temps. Aucune conférence de presse conjointe n'a été organisée.

Politique commerciale

Cette première rencontre sera d'abord une opposition de styles. D'un côté, un homme d'affaires aimant le luxe tapageur et capable d'insulter à peu près tout le monde via Twitter, et de l'autre, une figure calme, mesurée, dont les interventions publiques sont millimétrées.

Les syndicats américains espèrent de Trump des discours directs, sans ambiguïté, face au président chinois.

« Je ne m'attends pas à de grands marchandages sur le commerce. Je pense que ce que nous allons voir, c'est que le président va exprimer publiquement et à Xi ce que nous attendons en matière de commerce », a confié à Reuters un responsable américain sous le sceau de l'anonymat.Trump a accusé Pékin à plusieurs reprises de dévaluer sa monnaie au détriment des entreprises et consommateurs américains, mais il est peu probable que son administration caractérise la Chine comme « manipulateur de devises », une qualification accompagnée de possibles sanctions.

Un responsable a déclaré à Reuters jeudi que le terme de « défaut d'alignement » serait préféré à celui de « manipulation de devises », ce qui indique un nouveau recul par rapport à la position radicale défendue par Trump pendant sa campagne.

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