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Une promesse de financement arrachée aux membres de l'OTAN

À la sortie d'une réunion d'urgence sur le financement de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN), Donald Trump a affirmé avoir convaincu les pays membres d'augmenter plus rapidement que prévu leurs dépenses militaires à 2 % de leur produit intérieur brut (PIB) et même au-delà, assure-t-il. Une déclaration soigneusement ignorée par Justin Trudeau, qui assure que sa politique de défense prévoit déjà d'importantes hausses des budgets militaires canadiens.

Un texte de Stéphane Bordeleau

Selon le président américain, les pays membres de l’OTAN ont accepté de consacrer globalement 33 milliards de dollars de plus dans leur budget militaire.

Donald Trump, qui s’adressait aux médias au terme d’une réunion d’urgence à Bruxelles, au siège de l’OTAN, a déclaré que les pays membres augmenteront désormais plus rapidement leurs dépenses militaires respectives afin d’atteindre la cible de 2 % de leur PIB fixée par l'alliance.

Mieux encore, les alliés discuteront de dépenses toujours plus élevées une fois qu’ils auront atteint la cible des 2 %, a assuré le président américain.

Questionné par les journalistes sur la façon dont il a obtenu ces concessions au lendemain d’une journée marquée par ses attaques répétées contre les pays « qui n’en font pas assez au sein de l’OTAN », Donald Trump a déclaré qu’il serait « très mécontent » s'ils n'augmentaient pas leur engagement de dépenses, laissant planer sans le dire l’éventualité d’un retrait des États-Unis de l’alliance.

Fier de cette réunion qu'il a qualifiée de « succès », le président a précisé aux journalistes qu'il n'aura pas eu à menacer de retirer son pays de l'OTAN pour convaincre ses alliés d'ouvrir davantage leur portefeuille.

Les États-Unis traités injustement

Selon Donald Trump, les États-Unis assument « probablement 90 % des dépenses de l’OTAN », une situation injuste qui n’a pas sa raison d’être, dénonce le président.

Après avoir fustigé mercredi une quinzaine de pays membres qui ne fourniraient pas un effort militaire suffisant, le président des États-Unis est revenu à la charge jeudi, bousculant l’ordre du jour du sommet en exigeant une session extraordinaire sur ce sujet.

Expliquant ne pas être venu à Bruxelles pour négocier, mais bien pour corriger une injustice, Donald Trump a reconnu avoir été très frontal avec ses partenaires. Il a assuré cependant conserver d’excellentes relations avec eux, même avec l’Allemagne qu’il a accusée mercredi d’être dépendante de la Russie et d'enrichir Moscou en lui achetant notamment du gaz.

Or, à sa sortie de la rencontre, Donald Trump n'avait que de bons mots pour l'OTAN et ses alliés.

Justin Trudeau se fait prudent

En conférence de presse, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a évité de commenter les pressions exercées par Donald Trump sur les membres de l’OTAN.

Reconnaissant qu’il est nécessaire d’augmenter la participation militaire des pays de l’alliance, Justin Trudeau a réitéré son engagement de déployer 250 soldats en Irak pour diriger pendant un an une mission de formation des forces de sécurité locales. Il a aussi rappelé la prolongation de la mission canadienne en Lituanie.

Le premier ministre a aussi rappelé que son gouvernement augmentera ses investissements en défense de 70 % au cours des 10 prochaines années, en vertu de sa nouvelle politique militaire déposée l’an dernier.

Or, malgré cette augmentation substantielle des dépenses militaires, Justin Trudeau n’a pas été en mesure de confirmer que son gouvernement portera ses dépenses militaires à 2 % du produit intérieur brut d’ici 2024, comme le réclame l’OTAN.

En 2018, le Canada a consacré 1,3 % de son PIB à la défense. En dépit de l’augmentation promise de 70 % par le gouvernement Trudeau, les dépenses militaires du Canada ne devraient pas atteindre l’équivalent de 2 % du PIB en 2024.

Le même cheval de bataille

Depuis qu’il occupe la présidence, Donald Trump martèle que les États-Unis, dont les dépenses militaires annuelles frôlent 4 % de leur PIB, contribuent beaucoup plus que les autres membres aux opérations de l’OTAN.

Sur les 29 pays membres de l’Alliance, une quinzaine de pays, dont l’Allemagne, le Canada, l’Italie, la Belgique et l’Espagne, ont consacré moins de 1,4 % de leur PIB aux dépenses militaires en 2018, ce qui contrarie le président Trump.

L’objectif de financement militaire des pays membres fixé par l’OTAN est de 2 % du PIB par année d'ici 2024. Mercredi en fin de journée, Donald Trump est allé plus loin en réclamant que les pays membres de l’Alliance consacrent au minimum 4 % de leur produit intérieur brut aux dépenses militaires.

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