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Une voiture fonce dans la foule en Allemagne; la police écarte l'idée d'un attentat terroriste islamiste

Au moins deux personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées samedi dans le centre-ville de Münster, dans le nord-ouest de l'Allemagne, quand un véhicule a foncé sur une foule. Le conducteur s'est suicidé par balle, a annoncé la police allemande, qui écarte la thèse de l'attentat terroriste islamiste.

Les faits se sont déroulés vers 15 h 30, heure locale, dans le centre-ville de Münster, tandis que les terrasses étaient pleines et les commerces remplis de clients.

« L'auteur des faits a foncé sur des terrasses de café et de restaurant sur une place du centre-ville », a indiqué sur place un porte-parole de la police, Andreas Bode.

« Le conducteur s'est tué lui-même par balle », a déclaré M. Bode, qui a précisé qu'une vingtaine de personnes avaient également été blessées, dont six sont en danger de mort.

Le ministre de l'Intérieur de la région de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, où se trouve Münster, a écarté samedi soir l'hypothèse d'un attentat islamiste, et a mentionné que le conducteur était citoyen allemand.

« Rien n'indique pour le moment qu'on ait affaire à des motivations islamistes », a ainsi déclaré Herbert Reul à la presse, avant de rabaisser à deux le nombre de morts.

Le conducteur aurait souffert de troubles psychologiques, selon le quotidien Süddeutsche Zeitung.

De son côté, la chaîne de télévision publique ZDF affirme que l'individu impliqué dans l'attaque avait « récemment » tenté de se suicider et que le véhicule employé pour foncer sur la foule était immatriculé à son nom.

Les autorités n'ont pas immédiatement confirmé ces informations.

Toujours selon ZDF, l'homme était lié à l'extrême droite allemande, tandis que le journal Der Spiegel rapporte qu'un fusil d'assaut aurait été retrouvé à son domicile.

Les enquêteurs auraient également mis au jour un « objet suspect » dans le véhicule. Le quotidien Die Welt avance qu'il s'agirait d'un pistolet relié à un objet dissimulé sous un tapis placé au sol.

Craignant la présence d'explosifs, la police a dépêché des démineurs sur les lieux.

La police dément formellement l'information selon laquelle il existerait un deuxième suspect.

Des images diffusées à la télévision allemande montraient plusieurs véhicules de police et de pompiers stationnés dans le centre de cette ville de plus de 300 000 habitants.

L'attaque est survenue sur la terrasse du café Kiepenkerl, à deux pas de la cathédrale de Münster. Il s'agit d'un lieu touristique, typique de la ville.

La police a également appelé sur Twitter les habitants à éviter le centre pittoresque de cette ville fréquenté par de nombreux cyclistes.

L'hôpital de Münster demande à la population de faire des dons de sang.

La chancelière Merkel a réagi sur Twitter, disant être « profondément bouleversée » par « les terribles événements »

« Je suis choquée par les informations en provenance de Münster », a commenté Andrea Nahles, chef des députés sociaux-démocrates, membres de la coalition d'Angela Merkel.

« Mes pensées vont aux victimes et à leurs proches », a-t-elle ajouté.

Le président français Emmanuel Macron a écrit samedi soir sur Twitter ses condoléances à l'Allemagne pour « l'attaque de Münster » survenue dans l'après-midi.

En décembre 2016, l'Allemagne avait été frappée par un attentat à la voiture-bélier sur un marché de Noël, qui avait fait 12 morts. L'attaque avait été revendiquée par le groupe armé État islamique (EI).

Son auteur, le Tunisien Anis Amri, avait été tué quelques jours plus tard près de Milan.

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