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Vastes rafles dans la foulée d’un sanglant attentat au Pakistan

Les forces de sécurité pakistanaises ont lancé de vastes rafles dans la foulée de l'attentat qui a fait au moins 88 morts jeudi, tuant ou arrêtant des dizaines de suspects.

Cet attentat, le plus meurtrier à frapper le pays depuis plus de deux ans, a été perpétré par un kamikaze qui s'est fait exploser dans un célèbre mausolée du sud du Pakistan.

L'attaque a ébranlé le pays et remet en question la capacité des dirigeants à assurer la sécurité de la population, en dépit de nombreuses offensives militaires contre les militants.

L'attentat pourrait aussi être à l'origine d'une querelle diplomatique entre le Pakistan et l'Afghanistan, puisque Islamabad a rapidement déclaré qu'il a été orchestré de l'autre côté de la frontière.

Le Pakistan a tiré vendredi plusieurs obus en direction de l'Afghanistan en plus de fermer le poste frontalier de Torkham, qui est essentiel aux échanges commerciaux entre les deux pays.

Les perquisitions lancées au cours des dernières heures par la police pakistanaise ont mené à la mort d'au moins 39 suspects, ont indiqué trois responsables sous le couvert de l'anonymat. Onze militants présumés ont été abattus lors d'une seule opération dans la ville portuaire de Karachi.

On rapporte également des perquisitions dans le nord-ouest du pays et dans la province orientale du Punjab. Une cinquantaine de suspects ont été arrêtés.

Des femmes, des enfants...

L'assaillant est entré dans la salle principale du mausolée Lal Shahbaz Qalandar, à Sehwan, et a déclenché ses explosifs parmi les dizaines de fidèles qui s'y trouvaient, d'après trois responsables de la sécurité. Au moins 20 femmes et 9 enfants figurent parmi les victimes, ont-ils précisé.

Le groupe armé État islamique a revendiqué l'attentat dans une déclaration diffusée par Amaq, son agence de presse, affirmant avoir visé un « rassemblement chiite ». Le groupe extrémiste sunnite considère les chiites comme des hérétiques et estime que les mausolées chiites constituent une forme d'idolâtrie.

Des chaînes de télévision locales ont montré des images choquantes des lieux après l'explosion. On peut y voir des fidèles qui appellent à l'aide sur un plancher couvert de chaussures, de sang et de restes humains. Des femmes crient et se frappent la poitrine en signe de deuil.

Un témoin de l'attaque, Raja Somro, a déclaré à la télévision que des centaines de personnes participaient à une danse spirituelle connue sous le nom de « dhamal » lorsque le kamikaze s'est fait exploser.

« J'ai vu des corps partout. J'ai vu des corps de femmes et d'enfants », a-t-il dit.

Le gardien du mausolée, Ghazanfar Shah, a affirmé que les mesures de sécurité n'étaient pas très strictes sur les lieux.

Il s'agit de l'attentat le plus meurtrier au Pakistan depuis le 16 décembre 2014, lorsque des terroristes avaient attaqué une école dirigée par l'armée à Peshawar, tuant 154 personnes, pour la plupart des écoliers.

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