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Venezuela : collecter 4 millions de signatures pour destituer Maduro

L'opposition vénézuélienne a lancé mercredi une vaste campagne nationale de collecte de signatures nécessaires à l'organisation d'un référendum révocatoire contre le président Nicolas Maduro.

Des membres de la Table de l'unité démocratique (MUD), la coalition de l'opposition qui réclame la destitution du président Maduro, se sont réunis près des 1356 centres désignés par le Conseil national électoral pour recueillir, du 26 au 28 octobre, les 4 millions de signatures (soit 20 % de l'électorat) nécessaires à la convocation du référendum.

7 Vénézuéliens sur 10 contre Maduro

« Nous nous organisons, car nous devons réussir à réunir plus de 20 % [de vote]. Le gouvernement fait tout pour empêcher cela », a expliqué Ismael Dacorte, un avocat de 51 ans qui participait à l'opération de Caracas.

Revigorée par les sondages qui disent que 7 Vénézuéliens sur 10 souhaitent un changement de gouvernement, l'opposition exige un référendum avant la fin de l'année. Mais le Conseil national électoral a douché ses espoirs en annonçant que le référendum n'aurait lieu qu'en février ou mars 2017.

Dans ce cas, la Constitution stipule que, même si le référendum est couronné de succès, il n'entraîne pas d'élections anticipées : le président serait seulement remplacé par son vice-président, du même parti.

Une crise institutionnelle

Au moment où la MUD, coalition majoritaire au Parlement, battait le rappel de ses troupes pour obtenir les 4 millions de signatures, les autorités judiciaires du pays annonçaient que le président Maduro ferait approuver le budget 2017 par la justice, sans passer par les députés.

La Cour suprême, accusée depuis des mois par l'opposition de faire le jeu de Nicolas Maduro, a justifié sa décision par « l'objectif de maintenir le fonctionnement de l'État, la garantie des droits fondamentaux et l'ordre constitutionnel » dans un contexte de guerre de pouvoirs entre le gouvernement socialiste et le Parlement.

Une crise économique en prime

Le Venezuela vit ces convulsions politiques sur fond de crise économique. Celle-ci se traduit par une pénurie touchant 80 % des aliments et des médicaments ainsi qu'une inflation vertigineuse, qui devrait atteindre 475 % cette année, selon le Fonds monétaire international (FMI).

« Le Venezuela est victime d'un processus de spéculation féroce » que Chavez avait appelée « la guerre économique », a expliqué Luis Salas, directeur du Centre de l'économie de l'Université bolivarienne et éphémère ministre de l'Économie, au début de 2016. Selon lui, « il y a eu des attaques spéculatives contre la monnaie et les prix, d'où la spirale inflationniste ».

Pour la MUD, le président Maduro est responsable de la crise qui sévit dans ce pays pétrolier asphyxié par la chute du prix du baril.

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