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Venezuela : la mobilisation anti-Maduro faiblit à la veille du vote crucial

À moins de 24 heures de l'élection controversée d'une Assemblée constituante organisée par le président Nicolas Maduro, une poignée de manifestants ont répondu à l'appel de l'opposition, mais d'autres ont préféré faire des provisions en vue des tensions à venir.

Devant la faible mobilisation observée samedi, l'opposition vénézuélienne a appelé ses partisans à intensifier ses efforts dimanche, et à tenir de grandes manifestations dans tout le pays.

Une poignée d'irréductibles avaient tout de même défié l’interdiction de manifester décrétée par les autorités, qui ont prévenu que les manifestants s’exposeraient à des peines de 5 à 10 ans de prison.

Les zones est et ouest de Caracas, la capitale vénézuélienne, étaient les seules samedi dont certaines rues étaient encore bloquées par des barricades. Depuis quatre mois, ces quartiers ont été les épicentres des manifestations quasi quotidiennes qui ont déjà fait 113 morts.

À 24 h du scrutin, beaucoup ont préféré se préparer à l'incertitude des jours à venir plutôt que de manifester, comme Maximiliano, rencontré par l'AFP.

Il n'est pas le seul à penser ainsi : de longues files d'attente s'étaient formées samedi devant certains supermarchés de Caracas.

Au terme d’une grève générale de deux jours qui a fait huit morts jeudi et vendredi, l’opposition avait appelé à manifester jusqu’en mi-journée samedi, puis à bloquer les principales rues du pays en vue du vote prévu dimanche.

Le clan Maduro demeure inflexible

L'opposition a aussi appelé au boycottage de cette élection qu’elle qualifie de « fraude », et a déjà étendu son appel à manifester à la semaine prochaine.

L'objectif est « le changement de gouvernement », a martelé Henrique Capriles, l'un des principaux dirigeants de la coalition de l'opposition Table pour l'unité démocratique (MUD), qui contrôle le Parlement.

Le Conseil électoral national (CNE) a répliqué en assouplissant les possibilités de voter, permettant aux électeurs de se présenter dans n'importe quel bureau de leur commune.

« Demain, on va faire passer un message implacable : notre peuple veut la démocratie, la paix et le dialogue », a déclaré samedi le chef du comité de campagne du président, Hector Rodriguez, avant d'ajouter que 99 % des bureaux de vote étaient prêts.

La pression internationale s’accentue

La Suisse a lancé un cri d’alarme de dernière minute samedi, appelant le gouvernement vénézuélien à annuler le vote prévu dimanche.

Se disant « profondément préoccupée » par l’augmentation de la violence, la Suisse a appelé le gouvernement à « respecter la séparation des pouvoirs » et à « reprendre rapidement un véritable dialogue en vue d’une résolution pacifique de la crise ».

La Colombie a par ailleurs indiqué vendredi soir qu'elle ne reconnaîtrait pas les résultats de l'élection de dimanche.

Le Venezuela se trouve ainsi de plus en plus isolé. Les compagnies aériennes Air France, Delta Airlines, et Iberia ont annoncé samedi la suspension de leurs vols reliant Caracas, du 30 juillet au 1er août.

Elles rejoignent ainsi les compagnies Air Canada, United, Lufthansa, et Avianca, qui ont toutes déjà cessé leurs activités dans le pays.

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