Retour

Victoire à Standing Rock : les manifestants toujours sur le pied de guerre

Même si le corps des ingénieurs de l'armée américaine a annoncé dimanche qu'il n'accordera pas de servitude au projet d'oléoduc controversé Dakota Access au Dakota du Nord, de nombreux manifestants rétorquent qu'ils veulent demeurer sur place.

La décision de l’armée représente une victoire pour les milliers de personnes qui occupent depuis des mois les terres que devait traverser l'oléoduc. Les opposants au projet du constructeur Energy Transfer Partners soutiennent que celui-ci menace des sources d'approvisionnement en eau et des sites culturels.

Toujours est-il que certains occupants du camp principal Oceti Sakowin s’affairent à construire des locaux plus permanents afin de pouvoir passer l’hiver sur le terrain contesté.

Le charpentier Joel Maurer est venu de Californie pour construire des mini-maisons ainsi qu’un chalet qui servira de lieu de réunion pour un chef éminent du camp.

« Je pense que beaucoup d’entre nous doutons que ce soit fini. Pour autant que je sache, ce n’est qu’un autre stratagème pour que nous nous dégagions », craint M. Maurer.

Chaque petite victoire est merveilleuse. Mais [Energy Transfer Partners] a de l’argent et des avocats.

Joel Maurer, occupant du camp Oceti Sakowin

Membre de la tribu Sioux de Cheyenne River, Winona Kasto affirme qu’elle aussi reste méfiante face à l’annonce de l’armée américaine, et compte rester au camp Oceti Sakowin pour nourrir les manifestants qui y passeront l’hiver.

Mme Kasto dirige une cuisine populaire qui sert de la nourriture traditionnelle, dont la soupe au chevreuil et le pain frit. Elle estime avoir nourri plus de 1000 personnes dimanche.

« Je resterai jusqu’à la fin. La vraie. Alors peu importe les décisions prises, tant qu’il y aura [des manifestants], je serai là », rassure-t-elle.

La construction de l'oléoduc est presque terminée à l'exception d'un segment près du lac Oahe, un réservoir du fleuve Missouri. Toutefois, la secrétaire adjointe aux Travaux publics de l'armée, Jo-Ellen Darcy, a expliqué dimanche que la décision était fondée sur la nécessité « d'explorer de nouvelles routes pour la traversée » de l'oléoduc.

« La meilleure façon de procéder de manière responsable et rapide est d'explorer des routes alternatives pour la traversée de l'oléoduc », a expliqué Jo-Ellen Darcy.

Dimanche soir, le constructeur du pipeline, Energy Transfers Partners, a publié une déclaration qui qualifiait la décision de l’armée comme étant « un acte purement politique » et qui critiquait l’administration Obama. La compagnie a également affirmé qu’elle n’a aucune intention de modifier le tracé du projet.

[Nous nous sommes] pleinement engagés à la réalisation de ce projet essentiel et nous prévoyons terminer l’exécution du projet sans aucun réacheminement à proximité du lac Oahe. Rien de ce qu'a dit l’administration aujourd’hui ne nous empêchera de respecter cet engagement.

déclaration d'Energy Transfer Partners publiée le 4 décembre

La menace d’un président aux intérêts multiples

Les manifestants sont également préoccupés par l'entrée en fonction du président désigné Donald Trump le 20 janvier prochain.

Quelques jours avant le scrutin du 8 novembre, le quotidien britannique The Guardian révélait les liens financiers de M. Trump avec la pétrolière texane Energy Transfer Partners. Selon les informations transmises par son équipe de campagne à la Federal Election Commission, l'organe de régulation électoral américain, ses investissements dans l'entreprise totalisent entre 500 000 $ et 1 million $.

L'homme d'affaires a en outre des investissements d'un montant équivalent dans la société énergétique Philipps 66, qui aura une participation de 25 % dans le projet Dakota Access une fois qu'il sera terminé.

De plus, le président-directeur général d'Energy Transfer Partners, Kelcy Warren, a versé plus de 10 000 $ pour faire élire Donald Trump et près de 67 000 $ au Parti républicain depuis que le multimilliardaire s'est assuré de l'investiture.

Dans les jours qui ont suivi l'élection, M. Warren n'a pas caché son optimisme quant à la construction du projet.

Je suis sûr à 100 % que le pipeline sera approuvé par une administration Trump.

Kelcy Warren, PDG d'Energy Transfer Partners, en entrevue à NBC News, le 11 novembre

Bien que le gouvernement américain ait ordonné aux occupants de lever leur principal campement situé sur un terrain appartenant au génie de l'armée, les autorités ont déjà déclaré qu'elles n'emploieraient pas la force pour les faire partir.

Avec des informations de Sophie-Hélène LeBeuf et Angela Johnston (CBC).

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Cet amateur de hockey gagne 1000$ s'il réussit à marquer





Rabais de la semaine