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Visé par une motion de censure, le premier ministre espagnol s'accroche

Il n'y aura pas d'élections législatives anticipées en Espagne, a tranché le premier ministre Mariano Rajoy. Sa formation politique, le Parti populaire (PP), est pourtant visée par une motion de censure déposée par le Parti socialiste, dans la foulée d'une série d'affaires de corruption et de fraude qui ont ébranlé le gouvernement ibérique.

L'étau semble ainsi vouloir se refermer sur M. Rajoy, alors que l'ancien trésorier de son parti vient de plaider coupable à une série de crimes de nature économique. Malgré les dénégations du premier ministre, qui nie avoir été au courant des malversations, la multiplication des affaires, avec 29 condamnations jeudi pour falsification de comptes, trafic d'influence et autres crimes fiscaux, fait tache.

En conférence de presse, vendredi, Mariano Rajoy a contre-attaqué : pour lui, la motion de censure « porte atteinte à la stabilité politique dont notre pays a besoin » pour assurer la reprise économique.

« C'est mauvais pour l'Espagne », a ajouté celui qui se présente comme le « choix sûr » dans un pays toujours ébranlé par la question catalane. Pas question, a-t-il martelé, de quitter son poste avant la fin de son mandat, dans deux ans.

Chez les frondeurs, au sein du Parti socialiste espagnol (PSOE), on souhaite faire tomber le gouvernement Rajoy, prendre les rênes de l'État, puis déclencher de nouvelles élections.

« [Nous souhaitons] retrouver une vie politique et institutionnelle normale », a ainsi annoncé le chef du PSOE, Pedro Sanchez, promettant un scrutin « aussi tôt que possible ».

Pour atteindre leur objectif, les socialistes, qui détiennent 85 sièges au Parlement, auront nécessairement besoin de tendre la main aux 87 élus de Podemos (gauche), ainsi qu'aux députés indépendantistes basques et catalans siégeant à la Chambre basse.

Une majorité de députés est en effet nécessaire pour faire adopter la motion.

Du côté des centristes de Ciudadanos, on menace de présenter une autre motion de censure si M. Rajoy ne déclenche pas un scrutin anticipé.

Le scandale poursuit le PP depuis la fin du siècle dernier, et Mariano Rajoy est assené de questions à ce sujet depuis son arrivée au pouvoir en 2011. Il a toujours nié être lié aux crimes.

En rendant son verdict, le juge a toutefois déclaré qu'il existait des informations prouvant que le PP avait géré une caisse noire pendant plusieurs années, et qu'il fallait se questionner sur la crédibilité des dénégations du premier ministre.

Avec les informations de Frédéric Nicoloff

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