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Visite des bases militaires du NORAD en pleine guerre froide

Il y a 60 ans, le Canada et les États-Unis créaient le Commandement de la défense aérienne de l'Amérique du Nord, le NORAD. Dix ans plus tard, on permettait à un journaliste de Radio-Canada de visiter son centre d'opérations au cœur du mont Cheyenne, aux États-Unis. Une incursion fascinante qui illustre à merveille le climat de guerre froide qui règne à cette époque.

Détecter, intercepter et détruire, tel est le mot d’ordre du NORAD. Ce commandement unifié est instauré alors que les États-Unis et le Canada craignent une attaque aérienne venant de l’Union soviétique.

La mission du centre des opérations du mont Cheyenne, situé à Colorado Springs, est de surveiller l’espace aérien et de détecter tout avion inconnu au-dessus du continent nord-américain. La base militaire a été creusée à même la montagne.

Le reportage d’André Payette, diffusé au magazine Le 60 du 15 juin 1976, nous présente les différentes installations du NORAD. Pour celle de Colorado Springs, le journaliste doit franchir deux portes blindées de 25 tonnes et descendre 600 mètres sous terre. Sa description des lieux nous informe que la peur d’une attaque nucléaire est bien implantée. La base comprend un dortoir de 1000 lits, des immeubles d’acier avec des fondations faites de ressorts géants, un hôpital de campagne et assez de nourriture pour tenir un siège d’un mois.

Pour bien comprendre la mission du NORAD, le journaliste s’entretient avec quelques généraux des armées canadienne et américaine qui collaborent sur place. On y apprend que les objectifs ont évolué.

Le reportage se poursuit à la base militaire de North Bay, en Ontario. Le seul poste de commande du NORAD situé sur le territoire canadien a aussi été construit sous terre, afin de pouvoir résister à une attaque nucléaire. Pour répondre aux alertes, le groupe canadien de la défense de NORAD compte trois escadrilles de combat, dont une à Bagotville, au Québec. Le journaliste André Payette assiste d’ailleurs à une simulation de l’escadrille des Alouettes. Les deux avions CF-101 Voodoo sont en alerte 24 h sur 24 et doivent répondre à un signal d’alarme en moins de 5 minutes.

Déjà, le colonel Tousignant, commandant de la base de Bagotville, précise que les avions sont en fin de vie après 20 ans d’opération. Leur remplacement pour des F-14 ou F-15, beaucoup plus sophistiqués et dispendieux, est prévu par le ministère de la Défense nationale. La question de l’achat d’avions de chasse, une dépense publique extrêmement coûteuse, n’a pas fini de faire réagir.

Plus vieil accord militaire canado-américain en vigueur, le NORAD existe toujours aujourd’hui, bien que sa mission ait évolué au cours des années.

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