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Vives tensions au Proche-Orient après l'ajout de caméras à l'entrée de l'esplanade des Mosquées

Les autorités israéliennes ont installé des caméras de sécurité à l'entrée de l'esplanade des Mosquées, ce qui risque de soulever encore davantage la colère des Palestiniens, qui dénoncent vigoureusement depuis une semaine un contrôle accru de l'État hébreu sur le troisième lieu saint de l'islam.

Le secrétaire général de la Ligue arabe a ainsi accusé Israël de « jouer avec le feu », prévenant qu’« aucun Arabe ni musulman n’acceptera qu’on porte atteinte » à ses lieux saints.

Le secrétaire général de l'organisation panarabe basée au Caire a aussi dénoncé « l'aventurisme » du gouvernement israélien qui, selon lui, veut provoquer une « grave crise avec le monde arabe et musulman ».

Israël a installé des détecteurs de métal à la suite du meurtre de deux de ses policiers par trois Arabes israéliens dans ce lieu saint, le 14 juillet dernier. Selon l’État hébreu, les armes qui ont servi à tuer les deux policiers avaient été cachées sur le site de l’esplanade, que les juifs appellent « le mont du Temple ».

Les nouvelles mesures imposées unilatéralement par les autorités israéliennes, qui doivent normalement consulter la Jordanie quant à la sécurité de l’esplanade des Mosquées, ont soulevé l’ire des Palestiniens.

Depuis leur mise en place, les Palestiniens ont boycotté le site, priant dehors, et les violences entre manifestants et forces israéliennes ont été quotidiennes, notamment à Jérusalem-Est et en Cisjordanie occupée.

Cinq manifestants palestiniens sont morts dans des heurts survenus vendredi et samedi. Des dignitaires musulmans avaient notamment appelé à une « journée de la colère » après la prière du vendredi.

En Cisjordanie, trois Israéliens ont été assassinés dans leur domicile par un Palestinien en signe de protestation contre les mesures instaurées.

Escalade diplomatique

Le président palestinien Mahmoud Abbas, qui a annoncé la suspension de la coopération sécuritaire avec Israël, a lancé une mise en garde dimanche tandis qu’il s’exprimait à Ramallah, en Cisjordanie.

« [Les Israéliens] seront les grands perdants, car nous jouons un rôle important pour assurer notre sécurité et la leur. Si Israël souhaite la reprise de la coordination sécuritaire, il doit revenir sur ses décisions », a-t-il déclaré.

Les autorités israéliennes n’ont toutefois pas l’intention de reculer, a assuré dimanche Tzachi Haneghi, ministre du Développement régional.

Craignant une escalade de la violence, le Conseil de sécurité des Nations unies a pour sa part annoncé qu’il se réunirait lundi, à la demande de la Suède, de la France et de l’Égypte, pour tenter d’apaiser la crise.

La colère se répand

Dimanche, 25 membres du groupe islamiste palestinien Hamas ont été arrêtés à titre préventif, tandis qu’une roquette tirée de Gaza, territoire palestinien où le Hamas est au pouvoir, a touché une zone non habitée en Israël, sans toutefois faire de blessé.

À l’extérieur des Territoires palestiniens, la colère s’est également fait ressentir. Vendredi, plusieurs milliers de manifestants ont défilé à Amman, et dans d'autres villes de Jordanie, pour protester contre les nouvelles mesures de sécurité.

« Nous irons à Al-Aqsa en martyrs par millions », répétaient-ils entre autres, en référence à la plus grande mosquée de Jérusalem, située sur l'esplanade des Mosquées.

Deux Jordaniens ont aussi été tués et un Israélien gravement blessé dimanche à l'ambassade d'Israël à Amman, selon une source des services de sécurité jordaniens.

Israël et la Jordanie sont liés par un traité de paix signé en 1994. L’annexion de Jérusalem-Est par Israël n'a jamais été reconnue par la communauté internationale et c’est la Jordanie qui en chapeaute la sécurité.

Un site ultra-sensible

Située dans la vieille ville, à Jérusalem-Est annexé, l'esplanade des Mosquées est un site ultra-sensible qui cristallise les tensions israélo-palestiniennes depuis des décennies.

En septembre 2000, la visite du leader de l'opposition israélienne de l'époque, Ariel Sharon, avait été un facteur déclenchant de la seconde Intifada, soulèvement palestinien contre l'occupation par l’État hébreu, qui avait duré plus de quatre ans et fait plus de 4000 morts.

En septembre 2015, des affrontements avaient eu lieu pendant plusieurs jours autour du lieu saint. Une vague de violences, principalement des attaques au couteau contre des Israéliens menées par des Palestiniens isolés, avait débuté juste après.

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