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Voici John Tousignant, un « born again » Franco-Américain

Manchester, au New Hampshire, était il y a un siècle une ville à moitié française. Aujourd'hui, il ne reste que l'héritage historique… et quelques Gaulois irréductibles. Portrait de l'un d'eux.

Un reportage de Michel Labrecque à Désautels le dimanche

À l'intérieur du restaurant Chez Vachon, à Manchester, une affiche affirme clairement le droit de parler français. C'est John Tousignant, directeur général du Centre franco-américain, qui l'a fait installer.

John m'a emmené ici en me faisant visiter le petit Canada, qui ne porte plus ce nom depuis longtemps. N'empêche, on ressent un pincement au coeur en parcourant ce quartier de la rive ouest du fleuve Merrimack.

On croise les rues D'Youville, Laurier, Henriette, Edmont, et puis les commerces Nadeau Subs Salads, Aubin Hardware, etc. Il est facile d'imaginer toute la vie qui bourdonnait ici en français de la fin du 19e siècle jusqu'aux années 1960. À présent, presque tout le monde y parle exclusivement en anglais.

Mais John Tousignant, lui, va à contre-courant de l'histoire.

Ses grands-parents sont nés au Québec et sont venus, comme tant d'autres, travailler dans les manufactures de textile de Manchester. Manufactures qui, aujourd'hui, sont devenues des lofts ou des usines de hautes technologies. Manchester compte maintenant 110 000 habitants.

Une génération plus tard, les parents de John parlaient très peu français. Donc, on parlait presque exclusivement anglais à la maison. Mais John a toujours senti le français à l'intérieur de lui.

À 14 ans, John a commencé à suivre des cours de français, puis il est allé travailler au Québec pendant la saison estivale. Et il a continué à l'université. Finalement, le français a joué un rôle dans une grande partie de sa vie professionnelle.

« Je suis devenu enseignant de théâtre et de français à l'école secondaire », raconte-t-il. Puis, il a travaillé pour l'Association canado-américaine, une compagnie d'assurance qui organisait aussi beaucoup d'activités culturelles. La vente de cette entreprise en 2009 a été un coup dur pour la communauté franco-américaine.

Le Centre franco-américain a quitté les locaux du centre-ville qu'il partageait avec l'Association canado-américaine pour assurer une présence plus discrète au Collège universitaire Saint-Anselm. John Tousignant essaie maintenant de lui redonner de la visibilité.

On y offre des cours de français et des soirées sur des thèmes culturels francophones. « Il y a des activités en anglais qui attirent les Franco-Américains qui ne parlent pas français », mentionne John Tousignant.

Si vous êtes à Manchester ce dimanche 26 juin, vous pouvez assister au Poutine Fest 2016, qui se déroulera au stade de baseball de l'équipe locale, en association avec 10 restaurateurs locaux. « La poutine est plus populaire que jamais au New Hampshire », raconte Tousignant en riant.

La langue française vivote au New Hampshire, mais la culture s'y maintient de différentes façons, grâce à l'obstination de gens comme John Tousignant.

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