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Voyage historique de la sœur de Kim Jong-un en Corée du Sud

Pour la première fois, une représentante de la famille dirigeante de la Corée du Nord se rendra au Sud dans le cadre des Jeux olympiques d'hiver de Pyeongchang, pendant qu'à Washington on s'apprête à dévoiler les « sanctions les plus dures » jamais prises contre le régime de Kim Jong-un.

Kim Yo-jong, qui est l’une des dirigeantes du parti communiste nord-coréen, se joindra à une délégation de haut rang attendue vendredi en Corée du Sud, a annoncé mercredi le ministère sud-coréen de l'Unification.

Âgée d’une trentaine d’années, elle doit notamment rencontrer le président sud-coréen Moon Jae-in pour lui remettre une lettre personnelle de son frère qui exprime l'espoir que les Jeux soient réussis et que les relations bilatérales s'améliorent.

Promue à l’automne au bureau politique du Parti des travailleurs de Corée, où elle est responsable de la propagande, Kim Yo-jong accompagne régulièrement son frère Kim Jong-un lors d’événements et de visites publiques en Corée du Nord.

La délégation nord-coréenne sera conduite au Sud par Kim Yong-nam, le président du présidium de l'Assemblée populaire suprême qui occupe aussi les fonctions honorifiques de chef de l'État. Or, dans les faits, c’est le dictateur Kim Jong-un qui détient tous les pouvoirs en Corée du Nord.

Rapprochement olympique

Cette visite de hauts représentants de la Corée du Nord dans la partie sud du pays, divisé par une zone démilitarisée depuis 1953, s’inscrit dans un effort de détente entre les deux Corées en prévision des Jeux olympiques qui s’ouvrent vendredi à Pyeongchang.

Après avoir connu des tensions importantes en raison de plusieurs tirs par Pyongyang de missiles balistiques intercontinentaux et d'un essai nucléaire, les deux Corées ont entrepris de se rapprocher au début de l’année.

Jusque-là indifférent aux appels de Séoul, le dictateur nord-coréen a décidé au Nouvel An d’envoyer des athlètes aux Jeux olympiques.

Cette décision a donné lieu à une série de rencontres qui ont vu les deux pays convenir de défiler ensemble à la cérémonie d'ouverture des Jeux et de former une équipe commune de hockey sur glace féminin.

Washington dénonce la propagande de Pyongyang

Or, ce rapprochement « olympique » des deux Corées ne plaît pas à Washington. En visite à Tokyo, le vice-président américain Mike Pence a prévenu que son gouvernement ne permettrait pas que la propagande de la Corée du Nord prenne « en otage le message et l'image des Jeux olympiques ».

Le vice-président Pence, qui a fait cette déclaration à l’issue d’une rencontre avec le premier ministre japonais Shinzo Abe, a également annoncé que son pays s’apprêtait à imposer d'autres sanctions contre la Corée du Nord.

Peu impressionné par la visite annoncée de la sœur du dictateur Kim Jong-un à Pyeongchang au même moment où lui-même doit arriver en Corée du Sud, Mike Pence a ajouté : « Que le monde sache bien cela : nous allons continuer à intensifier notre campagne de pression maximale tant que la Corée du Nord ne fera pas de pas concrets vers une dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible. »

Le vice-président américain, qui a fait une étape de trois jours au Japon en se rendant aux Jeux olympiques, doit arriver en Corée du Sud vendredi, où il assurera la direction de la délégation américaine.

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