Retour

Washington et Moscou veulent relancer la voie diplomatique en Syrie

Malgré l'échec de la trêve en Syrie, le 19 septembre, et la suspension officielle du dialogue bilatéral entre les diplomaties russe et américaine, le 3 octobre, les États-Unis et la Russie se réuniront samedi pour essayer une énième fois de résoudre le conflit syrien.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, et le secrétaire d'État américain, John Kerry, doivent se rencontrer à Lausanne, en Suisse, afin de trouver un moyen d'assurer « une cessation durable de la violence et la reprise de l'aide humanitaire » en Syrie, a indiqué le département d'État américain.

L'Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie, qui soutiennent l'opposition syrienne aux côtés des États-Unis, sont attendus à la table des discussions, a indiqué M. Lavrov. Ni Moscou ni Washington n'ont pu confirmer la présence de l'Iran, un acteur important qui appuie le régime de Bachar Al-Assad, à l'instar de la Russie.

Après Lausanne, John Kerry doit se rendre dimanche à Londres pour discuter avec ses « partenaires internationaux ».

Les deux ministres des Affaires étrangères ont manifesté leur bonne volonté en vue de la rencontre du 15 octobre prochain, malgré les échanges acrimonieux des derniers jours. La Russie et les États-Unis n'ont cessé de se renvoyer la balle, s'accusant mutuellement d'être responsables de l'échec des récentes négociations.

« La Russie et le régime [d'Al-Assad] doivent au monde plus qu'une explication sur les raisons pour lesquelles ils ne cessent de frapper des hôpitaux, des infrastructures médicales, des enfants et des femmes », avait lancé John Kerry, exigeant en même temps une enquête pour « crime de guerre » pour les bombardements des forces syriennes à Alep, qui ont causé la mort de centaines de civils. La Russie et la Syrie persistent à nier leur implication.

Mais cette fois-ci, « il ne s'agit plus d'essayer de parvenir à un accord qui aurait [...] relancé la perspective d'une coopération militaire des États-Unis avec la Russie », a prévenu Josh Earnest, porte-parole de la Maison-Blanche.

Les États-Unis ne sont pas les seuls en froid avec Moscou. La Russie a apposé son veto à la résolution proposée par la France au Conseil de sécurité de l'ONU, appelant à la cessation des bombardements sur Alep, le 8 octobre dernier.

Lors d'un échange téléphonique, mercredi, le président français, François Hollande, et la chancelière allemande, Angela Merkel, ont exhorté le président Poutine à agir en faveur d'un cessez-le-feu et de permettre l'accès à l'aide humanitaire dans les zones assiégées.

Syrie : l'engrenage de la guerre

La Russie a intensifié ses raids aériens depuis l'échec de la trêve. Sur le terrain, des zones rebelles de la ville d'Alep se sont retrouvées dans le collimateur des frappes aériennes et des tirs d'artillerie du régime, faisant au moins 7 morts, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Mardi, des bombes anti-bunker ont été larguées sur un quartier dans l'est d'Alep, contrôlé par des rebelles. Au moins 14 personnes y ont perdu la vie. La même journée, 6 autres personnes sont mortes dans le sud de la Syrie, lorsque des rebelles ont attaqué des secteurs contrôlés par le gouvernement.

Plus de 430 000 personnes sont mortes depuis le début du conflit syrien, selon l'OSDH.

Plus d'articles