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Washington offre son appui à Kiev, mais pas d’armes

De passage à Kiev jeudi, le secrétaire américain à la Défense Jim Mattis a assuré le président ukrainien Petro Porochenko que les États-Unis resteront à ses côtés dans le conflit qui l'oppose à Moscou, mais sans dire si cet appui se traduira par l'envoi d'armes létales défensives.

Depuis qu’un conflit opposant son armée aux rebelles prorusses a éclaté dans l’est de l’Ukraine à l’hiver 2014, Kiev réclame régulièrement de telles armes – des missiles antitanks, par exemple – à Washington, en vain.

L’administration Obama a toujours refusé d'accéder à cette demande, invoquant que cela pourrait constituer une provocation aux yeux du Kremlin. Mais selon la presse américaine, l’administration Trump étudie maintenant sérieusement cette option.

« Des armes létales défensives ne sont pas provocatrices, à moins que vous ne soyez l’agresseur. Et l'Ukraine n'est évidemment pas un agresseur. C'est sur son propre territoire que les combats ont lieu » a commenté le numéro du Pentagone à ce sujet, lors d’une conférence de presse conjointe avec le président Porochenko. »

Dans une déclaration faite mercredi, le sénateur John McCain, une voix respectée aux États-Unis sur les questions de défense, a pressé l’administration d’agir plus fermement que l’administration Obama.

« Il est plus que temps que les États-Unis fournissent à l’Ukraine l’aide défensive létale dont elle a besoin pour dissuader les Russes et se défendre contre d’autres agressions de leur part », a-t-il affirmé.

Petro Porochenko a indiqué de son côté avoir eu « un dialogue très actif » avec le chef du Pentagone, concernant « non seulement des livraisons d'armes létales » mais plus généralement des équipements militaires notamment électroniques.

« Mais de telles discussions nécessitent de garder le silence jusqu'à ce qu'une décision finale ne soit prise », a-t-il ajouté.

À l’heure actuelle, Washington fournit plutôt à l’armée ukrainienne de l’équipement non létal, comme des lunettes de vision nocturne, des masques à gaz, des gilets pare-balles, des tenues de protection ou des radars.

Kiev et les Occidentaux accusent la Russie de soutenir militairement les séparatistes que Kiev combat dans la région du Donbass, ce que Moscou dément. Les combats ont fait plus de 10 000 morts depuis avril 2014.

Les sanctions resteront en place

Le chef du Pentagone a cependant assuré que les États-Unis restaient « engagés à augmenter la capacité des forces armées » ukrainiennes, en soulignant la somme de 175 millions de dollars récemment accordée à cette fin.

Le montant total de l'aide militaire américaine octroyée depuis 2015 atteint maintenant 750 millions de dollars.

Comme il le fait régulièrement depuis le début de son mandat, M. Mattis a profité de ce voyage pour réitérer des positions officielles du gouvernement américain, mises en doute par des déclarations du président Trump.

« N’ayez aucun doute : les États-Unis sont aux côtés de l’Ukraine », a-t-il par exemple déclaré, avant d’assurer que Washington ne reconnaît pas, et ne reconnaîtra pas l’annexion de la Crimée par la Russie.

Il a aussi répété que Moscou ne respecte pas les accords de Minsk, censés déterminer la voie à suivre pour pacifier la région du Donbass, déchirée par le conflit opposant l’armée aux rebelles prorusses.

Washington continuera donc « d'exercer de la pression sur la Russie pour qu'elle honore ses engagements de Minsk et nos sanctions resteront en place jusqu'à ce Moscou revienne sur ses actes », a-t-il dit.

L’annexion de la Crimée et la poursuite de la guerre dans l’est de l’Ukraine sont à l’origine d’une série de sanctions adoptées par Washington contre Moscou, qui ont contribué à la dégradation des relations entre les deux pays.

Lors de sa campagne électorale, le président Trump s’est montré timoré à ce sujet. Il avait notamment laissé entendre qu’il pourrait reconnaître l’annexion de la Crimée à la Russie.

Jim Mattis est le premier secrétaire américain à la Défense à se rendre en Ukraine depuis Robert Gates, en 2007. Sa visite a coïncidé avec le 26e anniversaire de l'indépendance du pays.

M. Mattis a d'ailleurs assisté au défilé organisé pour l'occasion, et dans la cadre duquel des soldats américains ont participé pour la première fois.

Jim Mattis est le premier secrétaire américain à la Défense à se rendre en Ukraine depuis Robert Gates, en 2007. Le secrétaire d’État Rex Tillerson est aussi venu à Kiev le mois dernier.

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