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Zimbabwe : l'armée dément les rumeurs de coup d'État

L'armée a démenti mercredi matin les rumeurs de coup d'État au Zimbabwe, affirmant plutôt mener une « chasse aux criminels » dans l'entourage du président Robert Mugabe. Les militaires précisent que « la situation reviendra à la normale » une fois cette mission accomplie. Le président est sain et sauf, a-t-on ajouté.

Plus tôt, divers témoins rapportaient d'importantes explosions dans la capitale, Harare, ainsi que des échanges de tirs nourris aux alentours de la résidence présidentielle. Plusieurs médias rapportaient que des soldats s'étaient emparés du siège de la ZBC, le groupe de radio et télévision publique du pays, sans que l'on puisse immédiatement savoir s'il s'agissait de loyalistes fidèles au président ou de mutins.

« Peu après 2 h, nous avons entendu environ 30 à 40 coups de feu tirés pendant trois à quatre minutes en provenance de la maison » du président, a déclaré à l'AFP un résident du quartier de Borrowdale.

« Ce n'est pas un coup d'État militaire contre le gouvernement », a fait savoir un général dans une déclaration lue dans la nuit sur les ondes de la télévision nationale. « Nous assurons à la Nation que son Excellence le président (...) et sa famille sont sains et saufs et que leur sécurité est garantie. »

L'ambassade américaine à Harare a fermé ses portes et conseillé aux ressortissants des États-Unis de « se mettre à l'abri jusqu'à nouvel ordre ».

L'ambassade britannique en a fait de même à l'intention des citoyens du Royaume-Uni, évoquant « des activités militaires inhabituelles » dans les rues de la capitale.

Des véhicules blindés avaient été vus prenant la direction de Harare, mardi, au lendemain d'une sévère mise en garde du chef d'état-major de l'armée zimbabwéenne au parti du président Robert Mugabe.

Le général Constantino Chiwenga a ainsi adressé lundi un avertissement sans précédent au parti présidentiel, la Zanu-PF, au pouvoir depuis l'indépendance en 1980, pour dénoncer l'éviction la semaine dernière du vice-président Emmerson Mnangagwa.

Il avait prévenu que l'armée n'hésiterait pas à intervenir « s'il s'agit de protéger notre révolution ».

La Zanu-PF a estimé mardi soir que la déclaration du général Chiwenga visait à perturber la paix et la stabilité, et qu'elle traduisait un « comportement de traîtrise ».

Le parti a assuré en outre qu'il ne céderait jamais aux pressions de l'armée.

Un journaliste de Reuters dit avoir vu deux véhicules blindés garés le long de la route reliant la localité de Chinhoyi et la capitale Harare, distantes de 20 km. Les chenilles de l'un des véhicules s'étaient défaites.

Un témoin dit avoir vu quant à lui quatre véhicules blindés sur cette route. Ils ont changé de direction avant d'atteindre Harare et se sont dirigés vers le complexe de la garde présidentielle, dans le quartier de Dzivarasekwa, à la lisière de la capitale, a-t-il ajouté.

« Génération 40 »

Le calme régnait dans la journée de mardi à Harare et aucun soldat n'était visible dans les rues. Robert Mugabe a, cette même journée, présidé un conseil des ministres.

Longtemps considéré comme le dauphin du président Mugabe, Emmerson Mnangagwa a été démis de ses fonctions pour « déloyauté » le lundi 6 novembre. La veille, l'épouse du président, Grace Mugabe, l'avait traité de comploteur, des propos qui ont ravivé les tensions au sein de la Zanu-PF.

« La purge actuelle [...] qui vise les membres du parti ayant été engagés dans la guerre d'indépendance doit cesser sur-le-champ », a affirmé lundi le général Chiwenga.

Emmerson Mnangagwa, 75 ans, est considéré comme un proche des militaires avec qui il aurait des liens étroits. Ancien ministre de la Défense, il a aussi dirigé les services secrets du Zimbabwe.

Son éviction laisse la voie libre à Grace Mugabe pour occuper un des deux sièges de vice-président et succéder à son mari, qui est âgé de 93 ans, que ce soit lors de l'élection présidentielle de 2018 ou à son décès.

Grace Mugabe, 52 ans, dont le vif tempérament et les goûts de luxe ne sont pas appréciés de tous au sein du parti et du gouvernement, jouit du soutien d'une frange plus jeune de membres du parti, la « Génération 40 » ou « groupe G40 ».

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