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125 millions $ pour faire rayonner la culture canadienne à l'étranger

La ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, a annoncé mardi des investissements annuels de 25 millions de dollars sur cinq ans pour soutenir le rayonnement des créateurs canadiens partout dans le monde.

Un texte de Delphine Jung

Sur ces 25 millions de dollars annuels, 18 millions serviront à bonifier les budgets d'exportation des programmes existants, comme le Fonds du Canada pour la présentation des arts, le Fonds du livre du Canada, le Fonds de la musique du Canada, le Fonds du Canada pour les périodiques et Téléfilm Canada.

La ministre Joly précise que les postes d’agents culturels seront rétablis dans les ambassades « de New York à Buenos Aires en passant par Los Angeles, Paris, Mumbai et Shanghai ».

Le programme Exportation créative Canada sera doté quant à lui d'une enveloppe annuelle de sept millions de dollars réservés aux entreprises et aux organismes qui travaillent dans le domaine de la création et qui souhaitent conquérir des marchés à l'étranger.

« En 2008, le gouvernement Harper avait coupé dans tous les programmes d’exportation culturelle. Le premier ministre m’a demandé de les rétablir, mais d’aller plus loin encore », a expliqué Mélanie Joly en entrevue à l'émission Midi info.

Mme Joly explique qu’en plus de rétablir ces aides, le ministère compte bonifier toutes les enveloppes. Le but affiché de ce programme de financement baptisé « Stratégie d’exportation créative » est d’augmenter la compétitivité et la pérennité des industries créatives canadiennes ainsi que d’assurer la création d’emplois.

Nouvelle définition de la culture

La ministre ne souhaite pas seulement que ce soutien financier touche les secteurs culturels traditionnels comme les arts de la scène, les arts visuels, la musique ou encore le cinéma. Elle a donc changé la définition de la culture pour y inclure les jeux vidéo, le design, la mode et la réalité virtuelle. Ces domaines bénéficieront aussi d’une aide financière.

Mais comment faire la part des choses entre le soutien à des entreprises artistiques très viables et des artistes qui tentent de s’exporter?

« Le financement des artistes passe par le Conseil des arts du Canada. On respecte l’indépendance du financement des artistes. Au ministère, on a toujours soutenu le côté commercial des industries créatives, et c’est pour cela qu’on a cette nouvelle approche », répond Mme Joly.

10 ans après les compressions du gouvernement Harper

Plusieurs organismes ont accueilli favorablement l'annonce de la ministre Joly. La Chambre de commerce du Montréal métropolitain estime que l'exportation de la culture canadienne au-delà des frontières est fondamentale pour le développement des industries créatives.

« C’est une bonne nouvelle, surtout qu’elle arrive 10 ans après les compressions budgétaires du précédent gouvernement. Il y a presque 10 ans, on encaissait. Aujourd’hui, la ministre donne de l’argent à la culture et, en plus, multiplie sa présence à l’international. On ne peut que saluer [l'annonce] », affirme de son côté Monique Savoie, présidente, fondatrice et directrice artistique de la Société des arts technologiques (SAT).

Pour elle, le plus gros des dépenses dans le milieu culturel reste le volet transport. L’enveloppe devrait donc donner à la SAT un coup de pouce à cet égard.

Le milieu artistique francophone aura aussi sa part, assure la ministre.

« On n’a plus de ressources à Paris. On veut aussi soutenir nos foires commerciales ici, au pays. On veut par exemple aider Cinar à avoir une portée internationale, on pense aussi au Sommet international du jeu de Montréal (MIGS) pour les jeux vidéo, ou encore au Festival [international] de jazz de Montréal. Il faut les soutenir dans leur développement commercial », ajoute Mme Joly.

« Exporter des œuvres conçues originalement en langue française présente un défi supplémentaire. Le marché francophone est restreint, et mettre au point de nouvelles versions des œuvres et des outils promotionnels en langue anglaise requiert des investissements considérables. L’annonce de la ministre Joly vient donc combler un besoin important et elle bénéficiera à plusieurs entreprises de production québécoises » a souligné la présidente-directrice générale de l’Association québécoise de la production médiatique, Hélène Messier.

D’après Patrimoine canadien, le secteur des arts et de la culture embauche plus de 650 000 personnes et contribue à hauteur de 2,8 % au produit intérieur brut (PIB) du pays. Quant aux exportations de produits culturels canadiens, elles ont atteint 16 milliards de dollars en 2016, soit 2,5 % de l'ensemble des exportations canadiennes.

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