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4 questions pour comprendre la grève des enseignants

Le débrayage des enseignants cause bien des maux de tête aux parents dont les enfants se retrouvent en congé forcé. Mais savez-vous pourquoi les professeurs sont en grève et ce qu'ils revendiquent? Résumé.

1. Qui est touché par la grève de mercredi?

Environ 275 000 enfants qui fréquentent des écoles francophones de Montréal, de Laval, de la Rive-Nord, de l'Outaouais et de la région de Granby.

La Fédération autonome de l'enseignement (FAE), qui représente environ le tiers des enseignants de la province, a décidé d'exercer son droit de grève le 30 septembre. Le syndicat prévoit tenir une grande manifestation à Montréal afin de mettre de la pression sur le gouvernement en vue du renouvellement de la convention collective. Du même coup, ils souhaitent dénoncer les compressions en éducation.

2. Quelles sont les revendications des enseignants?

Les syndicats dénoncent la proposition du gouvernement d'augmenter le nombre d'élèves dans les classes des 2e et 3e cycles du primaire et du 1er cycle du secondaire. Les moyennes et les maximums seraient revus à la hausse.

De plus, les élèves handicapés ou ayant des difficultés d'apprentissage ne seraient plus comptabilisés en double ou en triple, ce qui viendrait encore alourdir la tâche des enseignants.

Québec veut aussi augmenter de 32 à 35 heures (et même à 40 heures selon la dernière proposition patronale) la semaine de travail des enseignants, sans aucune compensation salariale.

Du côté salarial, les enseignants réclament des augmentations de 13,5 % sur 3 ans, soit 7,5 % la première année et 3 % par année pour les années subséquentes. À titre d'exemple, un enseignant à l'échelon 3 passerait d'un salaire de 42 700 $ en 2015 à 61 000 $ en 2018 (alors qu'il sera à l'échelon 7), selon les informations de la FAE.

La proposition patronale propose plutôt un gel des salaires jusqu'en 2016, puis une augmentation de 1 % par année jusqu'en 2019. Dans ce cas-là, le même enseignant atteindrait un salaire de 52 000 $ en 2018. Il aura en même temps progressé dans les échelons, ce qui explique l'augmentation de salaire.

Le gouvernement veut également apporter des modifications au régime de retraite, soit retarder l'âge de départ et ajouter des pénalités pour la prise de retraite anticipée.

Ces négociations surviennent au moment où Québec entame des compressions majeures dans le milieu de l'éducation.

3. Où en sont les négociations?

Les négociations se poursuivent, mais le syndicat a rejeté les dernières offres patronales le 22 septembre. Il s'agit, selon eux, d'un recul par rapport aux offres initiales, déposées en décembre 2014.

Au cours des neuf derniers mois, il y a eu plus de 50 rencontres, mais les parties ne parviennent à s'entendre sur aucun des points.

4.- Y a-t-il d'autres journées de grève prévues?

La FAE a déjà annoncé la tenue de deux autres journées de grève, dont une entre le 14 et le 30 octobre.

Par ailleurs, les syndicats affiliés à la Fédération syndicale de l'enseignement (FSE), qui représente 65 000 autres enseignants, sont en train de recueillir des mandats auprès de leurs membres afin de tenir six journées de grève tournante.

Ces journées de débrayage, qui pourraient être enclenchées sur une base régionale ou nationale, se tiendront en accord avec tous les syndicats faisant partie du Front commun. Celui-ci englobe aussi les enseignants des commissions scolaires anglophones, ainsi que les professionnels de l'éducation, les techniciens et le personnel de soutien, entre autres.

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