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5 enjeux à surveiller dans le discours du Trône de Doug Ford aujourd’hui

Le nouveau premier ministre ontarien Doug Ford fera connaître les priorités de son gouvernement dans le discours du Trône, jeudi après-midi.

Un texte de Michel Bolduc

Le chef conservateur a déjà promis comme première mesure au pouvoir de sortir l’Ontario du marché du carbone commun avec le Québec.

Dans le cadre d'une rare session législative d'été convoquée mercredi par M. Ford, les conservateurs doivent aussi :

Au-delà de ces trois priorités, les observateurs auront les yeux rivés sur le discours du Trône cet après-midi pour mieux connaître les intentions du gouvernement Ford, selon ce qui est inclus ou omis, notamment.

5 enjeux à surveiller :

1) Finances :

Doug Ford va se servir du discours du Trône pour commencer à préparer le terrain à des compressions, selon le politologue Peter Graefe de l'Université McMaster de Hamilton, en dépeignant la situation budgétaire actuelle comme pénible.

Durant la campagne électorale, M. Ford a fait des promesses totalisant des milliards de dollars, sans dire comment il allait régler la facture. Il s'est contenté de dire qu'il allait trouver des économies, sans préciser ce qu'il sabrerait.

Pour sa part, la professeure Geneviève Tellier de l'Université d'Ottawa s'attend à un énoncé économique dès l'automne, suivi possiblement d'un budget hâtif, qui contiendrait des coupes.

2) Francophonie :

Doug Ford a déjà aboli le ministère des Affaires francophones, pour revenir à la formule d'un bureau des affaires francophones.

Le projet d'Université de l'Ontario français sera-t-il mentionné dans le discours du Trône? Si ce n'est pas le cas, les Franco-Ontariens pourraient avoir raison de s'inquiéter. Le politologue Peter Graefe pense que le projet passera probablement sous le couperet ou sera reporté.

Même si M. Ford a réaffirmé après l'élection son appui à l'idée d'une université française à Toronto, toute nouvelle initiative du genre sera difficile à justifier dans un contexte de restriction budgétaire, soutient le professeur Graefe.

Pour sa part, la politologue Geneviève Tellier ne croit pas que la situation soit désespérée pour l'instant pour ce qui est du projet d'Université de l'Ontario français.

Selon elle, Doug Ford pourrait y donner son feu vert, si les partisans du projet savent bien jouer la carte économique, qui est chère aux yeux du chef conservateur, c'est-à-dire le fait que l'institution pourrait produire une main-d'oeuvre bilingue et mieux qualifiée.

3) Baisses d'impôt :

Doug Ford a promis des réductions d'impôt pour la classe moyenne (pouvant atteindre 786 $ par an) durant la campagne électorale.

Selon la politologue Geneviève Tellier, il pourrait s'agir de l'une de ses priorités dans le discours du Trône, compte tenu du fait que le chef conservateur a fait campagne en se présentant comme LE défenseur des contribuables.

Malgré leur impact négatif initial sur les recettes fiscales du gouvernement, M. Ford a fait valoir durant la campagne que des baisses d'impôt redonneraient de l'argent aux Ontariens, qui pourraient ainsi dépenser davantage, stimulant l'économie.

4) Électricité :

La flambée des tarifs d'électricité au cours des dernières années a été une épine au pied des libéraux de Kathleen Wynne lors de la dernière campagne électorale.

Doug Ford, lui, avait promis de réduire les tarifs de 12 %, s'il prenait le pouvoir.

Selon la politologue Geneviève Tellier, M. Ford pourrait confirmer cet engagement dans le discours du Trône, question de montrer encore une fois qu'il agit rapidement.

M. Ford avait aussi fait ses choux gras durant la campagne du PDG du distributeur d'électricité Hydro One, Mayo Schmidt, et de son salaire de 6,2 millions de dollars. Le chef conservateur promettait de le mettre à la porte, s'il était élu.

Or, M. Schmidt a annoncé soudainement, mercredi, qu'il prenait sa retraite immédiatement. Par ailleurs, tous les membres du conseil d'administration d'Hydro One ont démissionné. Il reste à voir si ces changements feront fondre ou pas la facture d'électricité des abonnés.

5) Garderies

Les parents ontariens paient les frais de garde les plus élevés au pays.

Une place en garderie à Toronto pour un poupon peut coûter près de 2000 $/mois, et ce, si vous arrivez à trouver une place.

Doug Ford a promis durant la campagne de mettre en place une prestation annuelle pour les services de garde (variant selon le revenu familial) qui pourrait atteindre 6650 $/enfant.

Le discours du Trône en fera-t-il mention? Ou le coût prévu de 389 millions de dollars par an de l'initiative fera-t-il reculer les conservateurs, restrictions budgétaires obligent?

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