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À l'ombre du mur de l'hôtel de ville de Sarnia, des tensions persistent

Plus d'un an après que plusieurs rapports aient souligné les comportements de harcèlement et d'intimidation du maire de Sarnia, Mike Bradley, les relations entre les conseillers municipaux sont toujours difficiles, et ce, malgré les sanctions imposées au maire.

Un texte de Colin Côté-Paulette

Lorsqu'on monte à l'étage du bureau du maire à l'hôtel de ville de Sarnia, on voit tout de suite le mur qui a été installé entre l'aile politique et celle administrative du bâtiment.

Quelque 75 000 $ ont été dépensés afin d'effectuer ces rénovations après qu'une enquête eut révélé les comportements problématiques du maire envers des employés municipaux.

Pour avoir accès aux espaces de travail des employés de l’administration de la ville, il faut maintenant disposer d’une clé qu'aucun élu ne possède.

Malgré ces mesures, l'harmonie est loin de régner au sein du conseil municipal.

« Il y a toujours des problèmes avec notre maire parce qu’il a décidé de ne pas suivre certaines sanctions que le conseil municipal lui a imposées », dit la conseillère Anne Marie Gillis.

D'après elle, le maire Mike Bradley n'a suivi ni ses séances sur la gestion de la colère ni le cours pour prévenir le harcèlement en milieu de travail.

Une formation en gouvernance avait aussi été recommandée à tous les élus municipaux.

« Le maire ne pouvait pas venir suivre la formation alors on l'a enregistrée pour lui, mais il ne l’a jamais regardée », raconte Mme Gillis.

Elle dit que M. Bradley n'accuse pas non plus réception des rapports qu'elle lui envoie.

« Nous, on a fait tout ce qu’on nous a demandé après le rapport Bernardi. On a tous payé une amende de 25 000 $ parce que la Loi sur la santé et la sécurité au travail a été violée », indique Mme Gillis.

En tout, depuis les allégations d'intimidation et de harcèlement envers lui, le maire a perdu trois mois de salaire.

M. Bradley ne peut plus communiquer directement ni en tête-à-tête avec le directeur général de la ville, le greffier ainsi que plusieurs autres employés municipaux.

Il doit passer par une intermédiaire, la conseillère Gillis en l'occurrence.

Mike Bradley se défend

« La seule réponse que je vois à tout ça, ce sont les prochaines élections cet automne. Que je me présente ou non, je crois qu’il y aura beaucoup de candidats qui voudront que l’hôtel de ville soit comme avant », répond M. Bradley.

Le politicien confirme que les relations sont difficiles entre les conseillers municipaux et se dit inquiet par rapport aux services des citoyens.

« Avant j’entendais dire que l’hôtel de ville de Sarnia n’était pas comme les autres hôtels de ville et je crois que c’était une bonne chose. Ce n’était pas trop bureaucratique », soutient-il.

Le maire dit encore avoir le soutien d’une bonne partie de la population de Sarnia, il parle d’une fissure entre le conseil municipal et les citoyens.

M. Bradley ne sait d'ailleurs toujours pas s'il se représentera aux prochaines élections à l'automne.

D'après la conseillère Gillis, les rénovations de l'hôtel de ville contribuent déjà à l'amélioration du climat de travail à l'hôtel de ville.

« On devait changer la culture ici et grâce à ça, beaucoup plus de choses ont lieu. Il y a deux ans, on n’arrivait même plus à recruter d'employés », souligne-t-elle.

Elle se demande maintenant ce qu’il adviendra des sanctions si le maire se représente et est réélu cet automne.

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