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Abolition du ministère des Affaires francophones : la capitale écopera-t-elle?

Le nouveau premier ministre de l'Ontario Doug Ford a réalisé sa promesse de réduire le nombre de ministères au sein du gouvernement provincial. À Ottawa, l'abolition du ministère des Affaires francophones, annoncée lors de l'assermentation du nouveau premier ministre, déçoit.

Un texte d’Émilie Pelletier

« On n’a même pas pu fêter le premier anniversaire du ministère », déplore la présidente de l’Association des communautés francophones d’Ottawa (ACFO), Soukaina Boutiyeb.

La création en juillet 2017 du ministère des Affaires francophones avait été grandement saluée par l’ACFO. « C’est un ministère qui est très symbolique pour Ottawa [...] On l’a attendu pendant au-dessus de 30 ans, donc ça nous montre que sans loi officielle, on peut facilement perdre nos acquis », souligne la présidente.

L’objectif du ministère des Affaires francophones de l’Ontario était de garantir aux francophones de la province l’accès aux services du gouvernement et à la culture en français.

Les francophones ayant « le français comme première langue officielle parlée » en Ontario sont presque 550 000, selon le dernier rapport de Statistique Canada. Près du quart d’entre eux habitent à Ottawa.

Les ressources financières du ministère des Affaires francophones de l’Ontario permettaient parfois d’accorder un budget aux organismes francophones, dont ceux d’Ottawa. Selon la présidente de l’ACFO, le plus gros danger, c’est la possible disparition de ces sommes.

« Tout va dépendre du budget qui va être alloué. Pour l’instant, on est en train de spéculer », mentionne-t-elle, en insistant sur l’importance de ces ressources pour la culture francophone d’Ottawa.

Le conseiller municipal du quartier Rideau-Vanier Mathieu Fleury se dit impatient de connaître la position du gouvernement progressiste-conservateur au sujet des affaires francophones. « Le gouvernement doit continuer de favoriser les services bilingues dans la capitale du pays », explique M. Fleury.

Deux ministres plutôt que quatre pour la capitale

La Ville d’Ottawa y perd aussi au change dans ce changement ministériel. Alors que le gouvernement Wynne comptait quatre ministres de la capitale nationale au sein de son cabinet, le gouvernement Ford n’en aura pour sa part que deux.

Lisa Macleod a été nommée ministre des Services à l’enfance et des Services sociaux et communautaires, en plus d’être responsable du dossier de la Condition féminine. Merilee Fullerton, élue dans Kanata-Carleton, devient ministre de la Formation et des Collèges et Universités.

Plus de ministère pour les immigrants

Par ailleurs, Doug Ford s’est également débarrassé du ministère des Affaires civiques et de l’Immigration. Mme Boutiyeb craint les répercussions de ce changement.

Selon un Forum sur le capital humain francophone tenu en février, les immigrants francophones représentent près de 15 % des francophones de la province.

« C’est décevant qu’il n’y ait plus de ministère de l’Immigration pour tout l’Ontario, mais ce l’est surtout pour les francophones », exprime la présidente de l’ACFO.

L’objectif du gouvernement de Kathleen Wynne était d’accueillir 5 % de francophones parmi les immigrants qui s’établissent en province chaque année.

« Des promesses avaient été faites pour l’augmentation des francophones en Ontario, c’était bon pour la francophonie d’Ottawa », termine Mme Boutiyeb.

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