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Accès à la téléphonie cellulaire : la Matanie en mode solution

La MRC de la Matanie demande au gouvernement du Canada de financer des projets de développement de téléphonie cellulaire en provenance des MRC ou de municipalités dans les régions mal desservies.

Un texte de Joane BérubéComme c’est le cas dans d’autres MRC du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie, l’accès à la téléphonie cellulaire pose encore problème sur de larges portions du territoire de la Matanie.

« On a un réseau qui est, à certains endroits, non disponible ou très fragile à certains moments de la journée, selon les conditions météorologiques », dit le directeur général adjoint et directeur de l’urbanisme de la MRC de la Matanie, Olivier Banville.

Plusieurs résidents vivent aussi plus loin des équipements téléphoniques des grands fournisseurs. « Nous, c’est vraiment une préoccupation, souligne M. Banville. On veut vraiment que tous nos citoyens aient accès à cet outil de base pour des raisons de sécurité, de développement économique ou juste de l’attractivité de nouveaux résidents ou pour garder notre population. »

La motion qui sera envoyée à Ottawa demande notamment que les projets soient autorisés sans nécessairement qu’il y ait un opérateur de téléphonie cellulaire qui y soit associé. Cela donnerait l’occasion à la MRC de présenter elle-même des projets dans des secteurs éloignés souvent plus problématiques pour un opérateur qui cherche avant tout la rentabilité.

Bande passante pour la communication sans fil aux enchères

Le conseil de la MRC de la Matanie a aussi appuyé les démarches de la MRC du Témiscouata sur le cadre technique, politique et de délivrance de licences concernant le spectre de la bande passante de 600 MHz.

Les enchères devraient se dérouler en 2019.

Tous les grands joueurs de la téléphonie cellulaire y seront, mais les acteurs régionaux aimeraient que les conditions mises en place par le gouvernement ouvrent la porte à de plus petites entreprises, tiennent compte des réalités régionales et favorisent l’installation de nouveaux équipements pour améliorer la desserte et la couverture en région.

« On voudrait, précise Olivier Banville, que ce soit modulé à la manière que cela a été suggéré par le Témiscouata justement pour s’assurer que d’autres joueurs régionaux puissent arriver à se démarquer en n’ayant pas les mêmes règles que les joueurs urbains où la densité, le nombre de clients fait en sorte que c’est possible de rentabiliser une enchère publique. »

L'option Hydro-Québec

La MRC a aussi déposé une demande à Hydro-Québec pour que la société d’État modifie sa grille tarifaire des loyers d’équipement de téléphonie cellulaire pour les municipalités.

« Hydro-Québec, explique M. Banville, est propriétaire de tours de communication, de poteaux, d’équipement. En théorie, on peut utiliser ces structures pour mettre des antennes ou de l’équipement. On aimerait, lorsque c’est un OBNL ou une municipalité qui veut louer pour un projet communautaire, avoir accès à un tarif préférentiel, afin de diminuer les coûts pour nos populations. Ce serait un retour d’ascenseur intéressant pour les régions. »

WI-FI dans les petits villages

Enfin, la MRC de la Matanie s’associera à une demande d’aide financière qui sera déposée au Fonds d’appui au rayonnement des régions du Bas-Saint-Laurent afin de doter les municipalités sans couverture cellulaire des équipements nécessaires à l’installation d’un réseau Internet wI-fi. « À ce moment-là, les gens avec les bonnes applications sur leur téléphone intelligent pourraient s’en servir à des fins de téléphonie », indique M. Banville.

Le projet de 483 000 $ est porté par la MRC du Témiscouata et vise surtout 35 municipalités du Bas-Saint-Laurent.

Internet pour tout le monde

Malgré l’annonce en décembre dernier d’un investissement fédéral et provincial de 31 millions pour brancher plus de 7300 foyers à l’Internet à haute vitesse, le problème de l’accès à Internet sur tout le territoire est loin d’être réglé pour tout le monde.

Olivier Banville admet que des sommes importantes vont être investies, notamment pour améliorer la robustesse du service. « Mais ce n’est pas forcément l’entièreté des citoyens qui vont bénéficier des nouveaux équipements. Il y a encore des gens qui vivent en extrémité de réseau qui sont toujours un peu plus difficile à rejoindre », explique M. Banville.

Le conseil de la MRC souhaite donc que le gouvernement du Québec poursuive ses efforts pour brancher tout le monde et a, à cet effet, envoyé aussi une motion au gouvernement du Québec.

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